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Vente des œufs code 3 : « c’est irresponsable de légiférer là-dessus »

Franck Picard, membre du bureau de la section œufs de l'UGPVB.
© DR

Les Marchés Hebdo : Que pensez-vous de  l’adoption d’un amendement inscrivant dans la loi Alimentation l’interdiction de vendre aux consommateurs des œufs de poules en cage au 1er janvier 2022 ?

Franck Picard : C’est irresponsable de légiférer là-dessus sachant que le métier a déjà beaucoup investi pour se conformer à une directive européenne qui sera toujours en vigueur en 2022. C’est interdire des œufs conformes d’accéder au marché. En leur restreignant l’accès au marché du conditionnement, on prend le risque de surcharger le marché de l’industrie qui pourrait davantage s’approvisionner en œufs étrangers. On va déstabiliser le marché et peut-être boucher celui de l’alternatif. Et c’est inutile, car le marché fait son œuvre, ce qui laisse un espoir aux éleveurs encore endettés de s’en sortir. C’est prêter le flanc aux ONG abolitionnistes qui font pression. Je m’inquiète du préjudice social pour les éleveurs qui sont remis en cause dans leur manière de travailler. 

LMH : Si l’amendement est voté en séance publique, que faudra-t-il pour tenir les délais ?

F. P. : Mis à part un plan d’accompagnement financier de l’État, je ne vois pas ce que l’on peut faire. Il faudra que l’État se mette en position de dire cet élevage doit être transformé, on lui fait subir le coup de la loi, et non plus celui du marché. Il faudra que ce plan soit rétroactif, pour ne pas laisser de côté les éleveurs ayant déjà fait les travaux.

Propos recueillis par Laure-Anne Lefebvre

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