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Produits de la mer
Quel type d’approvisionnement dans vingt ans ?

Dans une récente étude, FranceAgriMer cherche à imaginer l’évolution des pratiques d’approvisionnement des transformateurs et des conserveurs français ces prochaines années.

L’étude envisage quatre scénarios pour imaginer l'approvisionnement en produits de la mer en 2045.
© Conserve de poissons 2016 - Adepale RP

Quatre critères conditionnent les approvisionnements en produits de la mer des industriels français de la transformation et de la conserve, selon une étude AND International pour FranceAgriMer, comme la disponibilité des volumes, qui varie tant sur le court terme (saisonnalité, climat) et le long terme (quotas). Dans un contexte de hausse de la demande, la tension sur l’offre est de plus en plus palpable. Seule l’aquaculture offre de la régularité et de la prévisibilité dans les approvisionnements.

Autre aspect : le prix, soumis à de fortes variations en fonction de l’évolution de l’offre. Les transformateurs peuvent se tourner vers d’autres espèces substituables en cas de trop forte hausse. La qualité des produits constitue un autre critère qui dépend du cahier des charges de l’acheteur. Dernier critère recensé, l’origine, même si l’origine France est pour l’heure peu mise en avant, car il est difficile aux industriels de garantir leurs approvisionnements dans un contexte d’offres incertaines. En revanche, le lieu de transformation est plus souvent indiqué.

La structuration de la filière dresse un tableau positif

L’étude envisage quatre scénarios prospectifs pour décrypter les stratégies de long terme que la filière pourrait envisager. À 15 ou 20 ans, chaque scénario dessine un futur plus ou moins positif pour la filière.

Le premier scénario, qualifié de pessimiste, imagine une matière première d’origine France accaparée par le marché du frais (poissonneries, restauration). Comme les importations sont aussi limitées par l’essor de la demande internationale, les transformateurs doivent sécuriser leurs approvisionnements, par des contrats ou des prises de capitaux dans les sociétés d’armement par exemple. Ils délocalisent aussi leurs sites de transformation pour limiter les coûts de main-d’œuvre.

Le deuxième scénario, qualifié de volontariste, envisage la levée des freins à l’aquaculture continentale et marine et la structuration de la filière entre l’amont et l’aval avec des investissements et de la recherche. Dans ce contexte, malgré un recours aux importations toujours important, la part des produits français s’améliore ou se maintient. Le bio pourrait bénéficier de la croissance de la production aquacole.

Réassurance ou innovation, deux scénarios divergents

Un autre scénario se penche sur une chute de la consommation des protéines animales et des produits transformés, face à des consommateurs en quête de végétal et de naturalité. Les transformateurs se voient alors obligés de multiplier les démarches environnementales ou les labels. Ceux qui travaillent avec des matières premières importées doivent régulièrement faire face à des remises en cause par les médias et les ONG.

Dernier scénario, celui d’une intégration verticale de la filière, avec des groupes qui s’implantent sur plusieurs continents pour sécuriser leurs approvisionnements. Les sites de production se spécialisent à l’échelle européenne et la compétitivité est le maître mot pour les approvisionnements. Les efforts en matière de marketing et d’innovation permettent un développement de la consommation.

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