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Europe
Porcs castrés ou entiers : des situations variées en Europe occidentale

Si les porcs entiers sont largement majoritaires en Espagne et au Royaume-Uni, au nord de la France, ils sont fortement minoritaires. Les pratiques et situations sont bien différentes. État des lieux et évolutions en cours.

Les porcs ibériques (ici Guijuelo près de Salamanque) font partie de la minorité de porcs castrés d'Espagne.
Les porcs ibériques (ici Guijuelo près de Salamanque) font partie de la minorité de porcs castrés d'Espagne.
© Wikimedia Commons

L’Espagne est le pays d’Europe occidentale où l’on élève le plus de porcs mâles entiers : 22 millions, selon l’Institut du porc (Ifip). La proportion de mâles non castrés y est de 85 %. Les 15 % de porcelets mâles ne subissant pas la castration sont destinés à couvrir les besoins nationaux de la salaison traditionnelle du jambon Serrano ou appartiennent à la filière des porcs lourds ibériques (pata negra). En Allemagne et aux Pays-Bas, les effectifs, selon l’Ifip, sont respectivement de 4 millions et 4,9 millions de porcs entiers abattus. Si la proportion aux Pays-Bas est supérieure à 40 %, elle est faible en Allemagne, à 15 %.

Au Danemark, principal pays européen exportateur de viandes de porc, très dépendant des marchés asiatiques refusant les risques d’odeur, elle est minime. Le Danemark exporte aussi des porcelets non castrés en Allemagne. En Belgique, il n’y a qu’un million de porcs entiers abattus, soit 20 %. « La plupart des pays exportateurs du nord de l’Europe castrent beaucoup », souligne Bernard Vallat, président de la Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict) en France. « Si nos industriels de la charcuterie venaient à ne plus pouvoir satisfaire leur besoin en viande de porcs castrés, ils pourraient importer », prévient-il. En France, la proportion de porcs entiers est actuellement inférieure à 30 %, mais elle pourrait augmenter considérablement dès 2022 du fait des éleveurs.

Les verrats abattus plus jeunes en Espagne

En Espagne, on évite les risques d’odeur caractéristique de verrats à travers l’alimentation et en abattant bien avant la maturité sexuelle. En conséquence, les carcasses et les jambons sont plus petits et le gras est plus mou.

Si nos industriels de la charcuterie venaient à ne plus pouvoir satisfaire leur besoin en viande de porcs castrés, ils pourraient importer

En Allemagne, où la castration à vif est interdite depuis le début de l’année 2021, les éleveurs allemands se sont massivement orientés vers des solutions d’anesthésie. Le gouvernement fédéral autorise que l’anesthésie générale par inhalation d’isoflurane soit pratiquée sans intervention d’un vétérinaire.

La rédaction du site Internet et réseau social 3trois3.com avançait en juillet 2021 une estimation du pourcentage de porcelets castrés en recourant à cette méthode : 45 %. Elle rapportait les informations de l’institution technique agricole et alimentaire Deutsche Landwirtschafts-Gesellschaft (DLG), selon laquelle plus de 4 000 éleveurs de truies sur 7 000 avaient déjà bénéficié de l’aide à l’investissement du gouvernement fédéral pour s’équiper. Elle signalait aussi que la DLG avait déjà certifié cinq appareils différents pour l’anesthésie à l’isoflurane.

L’analyse automatique de l’odeur testée au Danemark

Au Danemark, l’anesthésie locale domine. Ce pays, sous l’impulsion du géant coopératif et industriel Danish Crown, met au point depuis plusieurs années une méthode d’analyse automatique d’odeurs sur les carcasses par spectrométrie de masse, dans la perspective de réduire la castration ; toutefois, selon le dossier « castration » de nos confrères de Réussir Porc de décembre 2020, cette méthode reste en cours de finalisation dans un abattoir de Danish Crown et sa généralisation à l’ensemble des abattoirs n’était pas à l’ordre du jour.

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