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Œufs : « Metro fait ce qu’il faut faire quand on s’engage à sortir de la cage : travailler sur l’offre et avec ses clients »

Le grossiste Metro France a publié sa feuille de route pour sortir définitivement des œufs de poules en cage d’ici mars 2028, tout en gardant le cap de l’origine France. Une démarche saluée par l’association animaliste Anima. Pour Les Marchés, Marie Garnier, directrice RSE des Halles Metro et Keyvan Mostafavi, directeur d’Anima, reviennent sur les leviers pour promouvoir l’œuf alternatif auprès d’un public pragmatique. 

4 personnes devant un rayon oeuf
De gauche à droite : Julien Delbrel - Directeur Achats Crèmerie (METRO), Keyvan Mostafavi - Directeur d'Anima, Marie Garnier - Directrice Qualité et RSE (METRO), Charles-Hubert le Goupil - Chef de Groupe Qualité et Produits durables (METRO)
© Metro

Les Halles Metro, premier fournisseur de la restauration en France, ne proposeront plus que des œufs de poules élevées au sol, en plein-air et en bio à compter du mois de mars 2028. « Nous gardons notre politique d’origine France, nous faisons le choix d’accompagner nos fournisseurs dans la transition vers l’alternatif, avec des contrats pluriannuels qui encouragent l’investissement » explique Marie Garnier, directrice RSE des Halles Metro. 

Lire aussi : « 3 supermarchés sur 4 vendent encore des œufs de poules élevées en cage malgré leurs engagements »

Moins d’un œuf vendu par Métro sur 2 est alternatif en 2025

Depuis 2022, tous les œufs coquilles sous la marque propre Metro proviennent exclusivement d’élevages alternatifs à la cage, « cette marque représente environ 30 % de parts de marché dans nos ventes. Nous proposons aussi, bien sûr, des œufs alternatifs de marque nationale » précise Marie Garnier. Les œufs alternatifs représentaient 40,6 % des volumes vendus au dernier trimestre 2025 chez Metro (contre 26 % un an plus tôt). En ovoproduits, la part de l’alternatif est passée de 7 % à 15 % sur cette période. 

Lire aussi : Œufs : autant de code 2 que de code 3 produit en février

Un partenariat avec Loeuf

Les Halles Metro travaillent sur le long terme, via des contrats. « Nous accompagnons les fournisseurs alignés sur nos ambitions », rapporte la directrice RSE, citant l’exemple du partenariat avec Loeuf sous forme de contrats pluriannuels autour d’un cahier des charges intégrant notamment des parcours arborés et l’accompagnement d’éleveurs en transition. « En face, la chaîne d’hôtellerie Eklo, engagée sur l’alternatif, est rassurée sur la disponibilité, ce partenariat montre que la transition est le fruit de la collaboration de toute la filière », conclut-elle. 

« Vu l’état du marché, l’horizon 2028 est pragmatique » 

« Vu l’état du marché, l’horizon 2028 est pragmatique » avance Keyvan Mostafavi, directeur d’Anima, qui se réjouit « Metro fait ce qu’il faut faire quand on s’engage à sortir de la cage : travailler sur l’offre pour garantir la disponibilité, et travailler avec ses clients, pour qu’ils soient au rendez-vous, ce qui est plus compliqué ». 

Lire aussi : Interdiction des poules en cage : « c’est le bon moment pour agir »

Communiquer sur le passage à l’œuf alternatif

« En GMS, le client fait un choix individuel, émotionnel même au moment d’acheter des œufs, mais les professionnels font des choix économiques » justifie Marie Garnier.

« En GMS, le client fait un choix individuel, émotionnel même au moment d’acheter des œufs, mais les professionnels font des choix économiques » j

 « Passer notre marque propre au 100 % alternatif est un levier puissant, avec une proposition prix intéressante », complète-t-elle. Autre levier, la visibilité. « Nos clients ont un réflexe achat très rapide, il faut donc montrer les alternatives à la cage en rayon, par leur positionnement et le merchandising » continue la directrice RSE. Le grossiste travaille aussi sur la communication, notamment sur le coût additionnel sur la recette du passage à l’œuf alternatif, car « nos clients ne peuvent pas toujours valoriser le choix de l’alternatif. C’est possible sur un œuf mayo, mais souvent plus difficile » continue-t-elle.

« Le passage en œuf plein air coûte 0,03 € par sandwich et en bio 0,09€ »

Ainsi, sur le site de Metro France peut-on lire « Même si un impact sur le prix des œufs est à prévoir, la différence est finalement toute relative quand on la rapporte au coût d’un plat. Par exemple, pour un sandwich poulet teriyaki, le passage en œuf plein air coûte 0,03 € par sandwich et en bio 0,09€ ». Le grossiste annonce former ses commerciaux aux marques propres et aux œufs alternatifs. 

Lire aussi : Œufs bio : l’offre manque et la production ne repart pas

Bio, plein-air, sol, chaque œuf a sa place

La largeur de l’offre en alternatif est un pilier du développement de la gamme chez Metro, « c’est un moteur pour tous les types de restaurateurs que nous devons embarquer » sourit Marie Garnier, qui évoque l’arrivée prochaine sous marque propre de plateaux de 90 en code 1, en plus des actuels plateaux de 30. « Pour la poule, le plein-air est un mode d’élevage bien supérieur au sol en termes de bien-être et nous tenions à féliciter Metro de ne pas se contenter d’un simple passage au code 2, mais de faire du plein-air un axe de développement » réagit le directeur d’Anima.

Lire aussi : Œufs : que sont les « cage-free credits » qui permettent à Lagardère Travel Retail de respecter ses engagements hors-cage dans le monde 

Des grossistes de plus en plus tentés par l’œuf alternatif 

Pour Keyvan Mostafavi, les annonces de sortie de la cage devraient se succéder, « il y a des tests intéressants chez des grossistes qui travaillent avec les boulangers-pâtissiers, un secteur difficile pour la transition, un acteur majeur du secteur forme ses commerciaux au bien-être animal ». Il ajoute, « la démarche de Metro, alors que la RHD est encore un débouché majeur pour la cage, ne peut que faire bouger les lignes ». 

Lire aussi : Évolution à venir de la cotation des œufs réalisée par Les Marchés

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