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Oeuf : quelle est la stratégie d'Eurovo ?

Leader européen de l’œuf et des ovoproduits, le groupe de la famille italienne Lionello a éclairé Les Marchés sur son attitude dans la conjoncture, sa politique sociétale et ses opérations en France, où il détient Liot.

Le groupe italien Eurovo veut conforter son leadership européen dans la filière œuf.
Le groupe italien Eurovo veut conforter son leadership européen dans la filière œuf.
© Eurovo

Le groupe Eurovo réalise plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 15 % hors d’Italie. Implanté en France, Espagne, Pologne et Roumanie, en mode d’intégration verticale, il s’engage dans une politique d’expansion en Europe et de développement durable.

1 Face à la flambée des matières premières

Le groupe Eurovo, ordinairement acheteur de maïs et de tournesol en Ukraine, est en train d’épuiser sa réserve de six mois. Il a trouvé d’autres fournisseurs, au Canada, en Argentine, en Hongrie ou en Roumanie, pour s’approvisionner à court terme, mais selon un principe de confiance réciproque. Il présente les avantages, en tant qu’acheteur de matières premières, d’une trésorerie solide, de son engagement à toujours produire pour servir ses clients, selon le directeur du marketing et du trade marketing engagé en 2021, Emiliano Di Lullo.

2 Devant la stagnation de la consommation d’œufs bio

Les services commerciaux d’Eurovo voient la consommation d’œufs coquille bio reprendre en Italie depuis le mois de mai. L’œuf coquille bio en grande distribution représente 10 % du marché, et Eurovo compte sur une importante marge de progression à l’avenir, dans ce pays. Les consommateurs italiens sont sensibles à l’élevage naturel sans antibiotiques. Le groupe considère que l’œuf bio pèsera toujours moins dans le panier que la viande et les légumes bio.

3 Eurovo s’est engagé à abolir la cage aménagée. Où en est-il ?

L’objectif du groupe d’abolir la cage aménagée dans ses élevages italiens en 2022 est repoussé d’un an pour cause d’influenza aviaire. En France, l’échéance de 2025 est décalée en 2027 du fait des achats de fermes d’élevage et de nouveaux contrats d’intégration.

4 En France, de nouveaux élevages viennent approvisionner Liot

Les trois quarts des approvisionnements du fabricant d’ovoproduits Liot, filiale d’Eurovo France, sont constitués d’œufs pondus en France, le quart restant provenant de pays limitrophes, notamment l’Espagne. Liot a acheté des élevages au groupe Avril au début de l’année 2022, informe Loïc Coulombel, directeur de l’entreprise implantée dans la Vienne et le Pas-de-Calais. Actuellement, Liot est contacté par des éleveurs incertains de leur avenir, du fait de l’arrêt des activités de Matines, ou ne pouvant assumer la transformation de leur élevage ou encore sans successeur. Ils cherchent à vendre leur ferme ou établir un contrat d’approvisionnement. L'entreprise est intéressée par des élevages dans les Hauts-de-France, dans les grands bassins de production du Grand Ouest, mais Liot diversifie aussi ses lieux de provenance par précaution sanitaire. Elle a ainsi des élevages dans le couloir rhodanien, en région parisienne, en Normandie, en Vendée et en Bourgogne.

5 La branche française est en phase de croissance externe

Eurovo France, maison mère de Liot, a pris une participation majoritaire au capital de la holding qui détient Atlantic Ovo. « Cet actionnariat conforte notre présence au marché, notre présence dans l’élevage », commente Loïc Coulombel. Il souligne qu’Atlantic Ovo est une entreprise familiale comme Eurovo. Si les deux industriels fabriquent essentiellement des ovoproduits liquides, ils ont des clientèles complémentaires, industrielles pour Liot, en restauration pour Atlantic Ovo. Interrogé sur les modes d’élevage de Liot et d’Atlantic Ovo, Loïc Coulombel décrit ainsi la différence : « Beaucoup d’œufs de poules élevées au sol, du plein air et un peu de cages pour Liot ; jusque-là pratiquement de la cage pour Atlantic Ovo, avec la volonté de passer du code 3 au code 2, et s’il y a du terrain disponible, en code 1. »

 

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