Aller au contenu principal

Michel Lacoste, président du Cnaol : « Les AOP doivent garder une dynamique d’évolution »

Les AOP ont déjà beaucoup évolué et doivent rester à l’écoute des attentes des consommateurs et de la société, estime le président du Conseil national des appellations d’origine laitières.

Michel Lacoste, 
président du Cnaol
Michel Lacoste,
président du Cnaol
© Comité interprofessionnel des fromages AOP cantal

Comment se portent les AOP laitières françaises ?

Michel Lacoste - Globalement, alors que la fin des quotas a entraîné une forte volatilité des prix du lait conventionnel, on peut constater qu’une appellation d’origine protégée est un moyen de lutter contre la volatilité des prix et de mieux valoriser le lait. Les producteurs l’ont bien compris et les filières AOP reçoivent beaucoup d’appels d’éleveurs conventionnels. Fin 2016, à la demande du Cnaol, FranceAgriMer a intégré dans ses enquêtes mensuelles laitières une segmentation sur le prix des laits AOP. En avril 2017, une convention a aussi été signée par FranceAgriMer, l’Inao, l’Inra, l’Agence Bio et le ministère de l’Agriculture pour la création d’un Observatoire économique des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. À terme, les données ainsi collectées devraient nous permettre de montrer une nouvelle fois que le prix du lait AOP est déconnecté du prix du lait conventionnel et qu’une AOP permet d’apporter de la valeur ajoutée sur un territoire.

Les cahiers des charges des AOP ont beaucoup évolué et sont encore amenés à le faire. Pourquoi ?

M. L. - Depuis 1992, toutes les AOP ont beaucoup densifié leur cahier des charges. L’enjeu était leur reconnaissance au niveau européen. Il fallait prouver à tous les pays de l’Union européenne que la typicité d’une AOP est liée à son terroir et aux savoir-faire ancestraux de tous les opérateurs de la filière. Ce travail a été fait, et aujourd’hui l’Europe s’est approprié les AOP et les défend auprès de toutes les instances internationales. Mais nous devons rester dans une dynamique d’évolution. L’environnement et les attentes sociétales évoluent en permanence. On parle de plus en plus d’agroécologie, de pâturage, de bien-être animal, d’homéopathie… Les filières AOP sont plutôt en avance sur ces thèmes, mais nous ne devons pas perdre cette avance et réfléchir aux moyens de répondre à ces nouvelles attentes. Certaines AOP envisagent déjà fortement de réouvrir leurs cahiers des charges.

Où en est l’utilisation des règles de régulation de l’offre ?

M. L. - Le Cnaol s’est battu pour que la possibilité de réguler l’offre de fromage soit inscrite dans le paquet Lait et élargie à toutes les filières AOP. Actuellement, huit filières AOP ont mis en place des règles de régulation de l’offre. Il s’agit pour l’instant de filières de l’Est de la France, qui avaient à proximité l’exemple du comté et du beaufort avec des plans de campagne pour réguler les volumes de fromage. Toutes sont satisfaites du dispositif. Un objectif essentiel pour le Cnaol est donc de prolonger ce dispositif au-delà de 2020 et de l’améliorer. Nous travaillons avec les filières italiennes. Un autre axe pour le Cnaol est d’accompagner les filières qui n’ont pas encore mis en place des règles de régulation de l’offre. Enfin, nous souhaiterions que ces règles permettent aussi de réguler les volumes de lait.

Le Cnaol soutient aussi le programme de recherche MétaPDOCheese. Pourquoi ?

M. L. - L’utilisation de lait cru est un axe fort d’identité des AOP. Le programme MétaPDOCheese vise à mieux connaître la flore microbienne du lait cru et des fromages, essentielles au plan sanitaire et organoleptique, et demain peut-être à pouvoir piloter ces flores lors de la fabrication des fromages.

Les plus lus

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

quai de déchargement des porte conteneur
Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Jamais sur un mois de janvier, l’Union européenne n’avait importé autant de viande bovine qu’en 2026. Les envois étaient…

poule rousse dans un champ vu de prés
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 27 mars 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

4 personnes devant un rayon oeuf
Œufs : « Metro fait ce qu’il faut faire quand on s’engage à sortir de la cage : travailler sur l’offre et avec ses clients »

Le grossiste Metro France a publié sa feuille de route pour sortir définitivement des œufs de poules en cage d’ici mars 2028,…

Drapeaux de l'UE et d'Australie ensemble
Accord UE-Australie : « La Commission a manifestement tenu ses engagements » sur la viande et le sucre selon Jean-Noël Barrot

Alors que les filières ovines et bovines françaises, ainsi que le sucre, s’inquiètent de l’accord commercial entre l’UE et l’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio