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Mercosur : poulet, ovoproduit quels risques pour l’aviculture française ? 

La mise en place de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur inquiète les acteurs de la filière avicole française. Le poulet et les ovoproduits sont notamment menacés.  

drapeau ue mercosur
Les négociations entre l'UE et le Mercosur continuent malgré tout
© © d'après Rr Gimenez, Public domain, via Wikimedia Commons UE MERCOSUR

"Le premier produit avicole concerné par l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur est le poulet, lance Mohamed Bouzidi, chargé d’étude économique à l’Itavi. Et pour cause, le Brésil est le premier fournisseur de volaille de l’Union européenne.  

voir l'article du 8 décembre : Accord Mercosur-UE : un peu de répit ?
 

“Avec l’accord de libre-échange les exportations brésiliennes pourraient augmenter”, alerte le chargé d’étude économique. Au sein de l’Itavi on observe déjà une hausse de la production avicole brésilienne.

Lire aussi : Mercosur : Les filières agricoles françaises somment Emmanuel Macron d'arrêter les négociations

 

1 milliard d’euros de poulets sud-américains  

“Le marché avicole, principalement le poulet, de l’Union européenne représente actuellement environ un milliard d’euros pour les pays du Mercosur, à titre d’exemple si les volumes d’imports retrouvent leur niveau de 2013 (+170 000 téc) cela engendre une dégradation du solde commercial déjà nettement déficitaire d’environ 400 millions d’euros supplémentaires”, souligne le chargé d’étude économique à l’Itavi.  

L'ovoproduit argentin, l’autre menace  

Garder un œil sur l’ovoproduit argentin, c’est la seconde préconisation de l’Itavi. Les exportations vers l’Union européenne progressent également. Actuellement, “les importations des ovoproduits depuis le Mercosur sont à 100 % en provenance de l’Argentine et le principal point d’entrée c’est le Danemark”, lance Mohamed Bouzidi. Elles représentaient 1953 tonnes équivalent œufs coquilles (téoc) sur les huit premiers mois de 2023, 2 515 téoc sur la même période de 2022 et jusqu’à 6 190 téoc en 2013. 

“Le coût de production des œufs coquille en Argentine est 28 % moins cher qu’en France”, indique Mohamed Bouzidi. 

Le risque est toujours le même si l’accord est signé, voir les produits importés répondre à la demande nationale aux dépens de la production nationale surtout que la production argentine tend à augmenter. 

Libre circulation dans l’Union européenne  

En provenance du Mercosur, les Pays-Bas et la Belgique sont les principales portes d’entrée dans l’UE pour le poulet et les ovoproduits. Tous ne sont pas destinés à la consommation nationale. D'après les calculs de l’Itavi, les importations néerlandaises et belges sont bien au-dessus des niveaux de consommation. Ainsi en poulet, en 2022, les importations représentent 355 % de la consommation.  

Une grande partie est ensuite réexportée vers d’autres Etats membres de l’UE, en libre circulation. Ces produits portent souvent l’étiquette du pays ou la transformation a eu lieu et non le pays de provenance. Ces produits sont ensuite destinés à l’industrie agroalimentaire.  

 Difficile donc de connaitre les quantités précises exportées vers la France. Seules les exportations directes sont chiffrées.  En France, elles représentent moins de 3 000 tonnes de volailles de chair sur les huit premiers mois de l’année, mais sur l’ensemble de l’UE elles dépassent 243 100 tonnes.  

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