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Les meuniers transpirent, les fabricants d'aliments sourient


> Les pluies et le froid ont dégradé la qualité boulangère des blés.
La moisson 2014 a donné moins de blés panifiables et une abondance de blés fourragers. Situation compliquée dans la meunerie, plus détendue dans l'alimentation animale.

Les pluies incessantes de l'été et quelques coups de froid, à l'est d'une ligne allant de Caen à Toulouse ont provoqué la germination sur pied des blés, plus particulièrement dans le quart Nord-Est. Ce qui a pu dégrader leur amidon. Une farine constituée de tels blés donne une pâte trop collante pour être facilement panifiable. Les blés récoltés cette année sont aussi dans l'ensemble pauvres en protéine. Au pied des silos c'est l'effervescence : il faut trier cette collecte hétérogène. Même fébrilité au sein des moulins où les techniciens enchaînent les tests de qualité et de panification, à cette période déjà avancée de l'année. Premiers retours à la fin du mois, prévient Céline Paris, responsable marketing chez Banette, sans cacher que cette récolte est « beaucoup plus technique » et demandera des « mesures correctives ». La société Eurogerm, qui aide les meuniers à optimiser leur qualité, prédit que ceux-ci auront d'importants besoins de soutien technique cette année.

L'Ouest mieux loti que l'Est

Fait peu ordinaire, l'Ouest est cette année mieux loti que l'Est. Franck Bourseau, meunier dans les Pays de la Loire, en témoigne, à la nuance près que la Minoterie Bourseau devra enrichir de gluten sa « farine tradition » afin d'offrir aux boulangers la résistance de pâte à laquelle ils sont habitués. « Les coûts de correction seront légèrement au-dessus de l'an dernier, dans la fourchette haute », prédit-il. Les primes à la qualité du blé grimpent et risquent de renchérir les coûts de production.

La bonne nouvelle pour l'alimentation animale est l'abondance de blé fourrager, ainsi que le bas prix des issues de meunerie. Cela « va modérer les prix des aliments composés », convient-on chez Coop de France Nutrition animale et Nutrinoë (association de fabricants de Bretagne). Avec cette mise en garde des impatients : d'autres matières premières interviennent et la profession jouera son rôle de lissage des fluctuations.

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