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Le Sirha 2015 sous le signe de l'innovation et l'investissement

Marchés de niche, export, produit premium... Malgré un environnement économique morose, les industriels présents au salon de la restauration (Lyon), qui a fermé ses portes le 28 janvier, ont mis les bouchées doubles pour innover. Reportage.

Il y avait foule cette année au Sirha. Le salon de la restauration a réuni à Lyon plus de 189 000 visiteurs cette année, un chiffre en légère hausse (+3 500). Et du côté des exposants (3 045) les entreprises ont su faire preuve de créativité ; pour preuve les 725 innovations présentées sur le salon. Malgré le contexte difficile (voir graphique p. 12) de déflation ” des prix alimentaires, les indus-triels présents au salon étaient nombreux à investir et innover. Les industriels que nous avons pu rencontrer ne font pas preuve d'un optimisme aveugle dans le contexte actuel. Non, ils ont à l'inverse tous identifié un marché de niche, un débouché régional ou à l'export pour se démarquer et augmenter leur activité.

725 innovations ont été présentées sur le salon

Du « sur-mesure » et du premium

Exemple avec Bissardon, spécialiste de la transformation des fruits, implanté dans la Loire (Saint-Paul-en-Jarez). L'industriel envisage de se lancer dans la fabrication de compotes en gourde, afin de développer des activités périphériques comme faiseur à façon de compotes pour les industriels ou pour les collectivités. Pour la PME, qui développe déjà sa propre marque « l'Arbre à jus », il s'agit ici de produire du haut de gamme sur des petites séries. Des prototypes ont été présentés sur le Sirha. Le lancement de cette activité nécessitera un investissement de 300 à 500 000 euros.

Toujours du côté des desserts, la Laiterie du Forez – qui s'était déjà distinguée il y a deux ans au Sirha pour la faisselle individuelle emballée dans des petits pots en forme de pis de vache – lance une nouvelle gamme de dessert à partager sur la tendance du « fait maison-dessert d'antan ». Il s'agit d'une gamme de trois crèmes caramel (nature, coco ou pomme) à partager pour trois personnes. Pour Frédéric et Jérôme Durieux, les codirigeants de l'entreprise : « La tendance est au dessert à l'ancienne. Les œufs en neige n'ont plus du tout la cote alors que les gâteaux de semoule ou les riz au lait sont en pleine croissance. Les consommateurs recherchent des produits qui leur rappellent leur enfance. »

Mini-burgers,

Mini-burgers, minibagels, fruits et légumes en cubes, sachets fraîcheur, ou encore pains et viennoiserie sans gluten ont attiré les regards dans les allées du Sirha, temple de la restauration qui a fermé ses portes le 28 janvier. Au-delà de ces tendances, cette édition 2015 s'est démarquée par un dynamisme retrouvé du côté des industriels qui n'hésitent plus à reparler d'investissements.

Dans le même ordre d'idée, de la tradition, la Laiterie les Fayes (Terra Lacta) a intégralement revu et corrigé le packaging de ses produits « pour se démarquer ». L'entreprise, qui collecte 35 millions de litres de lait, affiche son ambition « premium » avec un logo sur fond noir et des étiquettes soignées. Les produits (crème, lait, faisselle) sont d'ailleurs distribués en GMS locale et à Paris à la Grande Épicerie. La laiterie proposera aussi à partir de mars au rayon frais du lait pasteurisé en briquettes de 75 centilitres avec vingt jours de date de consommation.

Côté traiteur, la société drômoise Saint Jean injecte 10 millions d'euros pour développer une activité de plats cuisinés. Reconnue pour son savoir-faire en matière de ravioles et de quenelles, elle investit en 2015 sur ses sites de Bourg-de-Péage et de Saint-Just-de-Claix où la capacité de production devrait être doublée de 2 500 à 5 000 tonnes pour chacune des unités. Le groupe, qui réalise un chiffre d'affaires 2014 de 57,5 millions d'euros avec un effectif de 320 personnes, devrait embaucher 30 à 40 collaborateurs supplémentaires d'ici à 2016 pour suivre les plans de développements industriels.

Viser les marchés étrangers

D'autres industriels investissent aussi pour l'export. En témoigne l'Alsacien Bretzel Burgard qui travaille actuellement à sa certification BRC, et vient d'investir 3,5 millions d'euros en matériel pour doubler la taille de l'usine passant à 9000 m2 . « Les travaux seront terminés fin juillet. Nous aurons alors trois lignes dédiées aux bouchées, des nouveaux fours, et une ligne de découpe jet d'eau », explique Emmanuel Goetz, président-directeur général de l'entreprise familiale. Car, malgré son nom, l'activité bretzel ne représente que 7 % des ventes de l'entreprise, qui s'est fortement diversifiée ces dernières années dans les burgers, les bagels et les hot dogs, mini ou maxi format. « Nous venons de prendre un commercial export, nous démarrons l'Europe en marque de distributeur et à notre marque », explique avec enthousiasme le dirigeant.

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