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Viande bovine
La Rouge des prés veut relancer son AOP

Christian Perrin, le président de la race Rouge des prés, veut remotiver tous les éleveurs, le maillon abattage et les distributeurs autour de l’AOP Maine Anjou. Témoignage.

L’AOP Maine Anjou (race Rouge des prés) est une des quatre AOP bovines françaises aux côtés du bœuf de Charolles, du fin gras du Mézenc (Haute-Loire) et du taureau de Camargue. Mais c’est la seule à être en difficulté et les éleveurs veulent relever le défi.

L’AOC Maine Anjou a été obtenue en 2004 et fut alors assortie du changement de nom de la race en Rouge des prés, car une AOP pour une viande ne peut prendre le nom d’une race animale. L’AOP date quant à elle de 2010. Soutenue à l’époque par Hippopotamus et Carrefour, elle a depuis souffert de la désaffection de la chaîne de restaurant à l’occasion d’un changement de direction. Mais après quelques années difficiles, « la race compte bien reprendre du poil de la bête », explique Christian Perrin, président national de la Sica des éleveurs de Rouge des prés dont le siège est au Domaine des rues, en Maine-et-Loire. Il est venu en Sarthe le 10 mars pour expliquer les évolutions aux trente-sept éleveurs regroupés dans l’association ARP 72 à l’occasion de l’assemblée générale de celle-ci. Il veut en effet faire mieux reconnaître les caractéristiques de sa viande, le persillé qui explique sa tendreté et sa couleur rouge soutenue.

Profonde restructuration pour un nouveau départ

Le départ, le 1er décembre 2019, du directeur de la Sica (Albéric Valais), puis celui du commercial, le 15 mars, illustrent la volonté de restructuration. C’est aussi le cas avec l’arrêt de Mabox qui, lancé en 2016, mutualisait l’activité de vente directe d’une demi-douzaine d’éleveurs pour l’AOP. Le réseau avait plutôt bien démarré en 2016 et 2017, mais marque le pas depuis 2018, et n’est pas parvenu à trouver la vitesse de croisière visée de trois, voire quatre carcasses par semaine.

Nous devons dépasser les 50 bêtes par semaine

« Nous nous recentrons sur nos missions au plus proche des éleveurs en abandonnant la branche commerciale, et nous voulons notamment tourner la page des tensions entre la Sica et Adema (Animation développement engagement Maine Anjou, ndlr), afin de soutenir l’AOP », explique le président. En décembre 2019, Adema, qui assure la commercialisation des animaux AOP, a aussi quitté le Domaine des rues (Chenillé-Changé, Maine-et-Loire), le lieu historique de création de la race, pour s’installer chez Elivia.

« Le bureau de la Sica a tranché, on revient à nos fondamentaux comme la génétique et on soutient l’AOP avec un jeune arrivé l’an dernier », indique Christian Perrin. En apprentissage, Nicolas Peillet a déjà fait son alternance au Domaine des rues en génétique. « On y croit, il faut que tous les éleveurs soient derrière l’AOP pour relancer la machine, car notre viande a d’incontestables qualités. Nous avons la meilleure viande de France et il n’est pas question de laisser passer le train », tempête le président. Il est d’ailleurs en cours de négociation avec Elivia comme avec Adema pour appuyer sur l’accélérateur. « Il faut parler de notre viande et la vendre. Nous devons dépasser les cinquante bêtes par semaine pour être au niveau d’une AOP digne de ce nom ! », annonce-t-il.

Déguster de la Maine Anjou à Paris

Charlotte Peyronnet et Antoine Le Van sont parmi les seuls à proposer de la viande AOP Maine Anjou à Paris, dans leur restaurant Les Polissonnes, ouvert en août 2019 (8 rue Vicq-d’Azir – Xe). « Nos clients sont surpris, car ils ne connaissent généralement pas, ni l’AOP Maine Anjou ni la race Rouge des prés, mais ils reconnaissent l’AOP comme un signe de qualité. Et nous avons d’excellents retours. Ils trouvent la viande goûteuse, tendre et forte à la fois. Un vrai goût de vraie viande », résume Charlotte Peyronnet. Ingénieure agronome, elle a, après cinq ans de journalisme, ouvert ce restaurant sur un concept simple : de la cuisine à partir de produits 100 % français, à plus de 90 % en direct de producteurs qu’elle connaît souvent pour y avoir fait un stage.

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