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Végétal
La relocalisation des protéines végétales passe par le dialogue avec l’amont agricole

Les acteurs des productions végétales des Hauts-de-France ont vanté l’intérêt du dialogue avec les autres maillons de la chaîne pour que tous participent à la construction de nouvelles filières.

Les surfaces de culture de légumes secs ont été multipliées par 5 en France entre 2000 et 2017.
Les surfaces de culture de légumes secs ont été multipliées par 5 en France entre 2000 et 2017.
© Pixabay

« Nous discutons avec nos agriculteurs partenaires afin de faire rimer réponse aux attentes des consommateurs et cultures qui s’insèrent bien dans les rotations », assure Amaury Demeestere, directeur adjoint de Soufflet Alimentaire, à l’occasion de la cinquième édition des rencontres régionales de la recherche et de l’innovation qui portait sur la thématique de l’innovation agroalimentaire et végétale. Il est notamment ressorti de l’évènement organisé par la Région Hauts-de-France que pour répondre à la demande des consommateurs en produits végétaux et en produits français, le dialogue avec l’amont agricole est nécessaire pour développer les filières et les cultures adaptées. « Il y a vingt ans, nous n’avions pas de liens avec l’agriculture », témoigne Stéphane Debeunne, président-directeur général de France Cake Tradition.

Les intervenants de la table ronde ont unanimement reconnu qu’un projet sans concertation de l’amont agricole était « voué à l’échec ». « Beaucoup d’agriculteurs des Hauts-de-France sont partants pour faire du végétal, car il y a derrière un besoin du marché », assure Hélène Preudhomme, chargée de mission d’Agro Transfert.

Il y a un besoin du marché

Si les grandes cultures des Hauts-de-France sont majoritairement consacrées aux céréales, de nombreux acteurs travaillent sur le développement des légumineuses et sur la manière de les insérer dans les cycles de culture des agriculteurs. « Il y a quelques années, nous importions nos légumes secs du Canada, d’Argentine, de Turquie, car nous n’avions pas de bassins de production à proximité. Aujourd’hui, la donne est différente. Nous discutons avec des agriculteurs pour cultiver des lentilles avec des débouchés immédiats en France », poursuit Amaury Demeestere.

Vers une amélioration nutritionnelle de certaines recettes

Dans les Hauts-de-France, industriels et agriculteurs sont sollicités sur l’huile de chanvre ou encore sur l’élaboration d’une filière pomme locale. « Cette poussée du végétal nous permettra d’améliorer nutritionnellement nos recettes. Nous voulons créer un gâteau végétal en remplaçant les œufs par des fibres de légumineuses », souligne Stéphane Debeunne.

France Cake Tradition utilise déjà de l’huile de colza bio régional à la place de l’huile de palme ainsi que du sucre de betterave bio après avoir monté une filière locale. « Nous avons travaillé avec les agriculteurs, mais aussi avec Synabio et Biocoop pour produire sur place ce sucre bio », ajoute-t-il.

Promotion des ingrédients locaux auprès des industriels

Soufflet Alimentaire promeut ses ingrédients issus de filières locales auprès de ses clients industriels afin que ces derniers puissent eux-mêmes transmettre ces informations aux consommateurs finaux. « Il est important pour nous de bien expliquer nos procédés de transformation qui sont mécaniques et thermiques. Ils ne sont pas chimiques, précise Amaury Demeestere. C’est en se connaissant mieux que l’on minimise les scandales alimentaires dans la filière. »

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