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La production européenne décolle au nord

2,9 % de la collecte laitière européenne était bio en 2016.
© DR

L’Union européenne à 28 est le deuxième producteur mondial de lait bio, avec 4,4 millions de tonnes (Mt), derrière les États-Unis (6 Mt). Cinq États membres du Nord sont les moteurs de cette Europe biologique, puisqu’ils assurent 70 % de la production, selon l’Institut de l’élevage - Résilait. Ce sont, dans l’ordre, l’Allemagne, la France, le Danemark, l’Autriche et le Royaume-Uni.

La consommation progresse dans l’ensemble de l’UE, mais les disparités entre les États sont nombreuses. C’est surtout dans les principaux pays producteurs qu’elle est le plus dynamique. En 2015, le premier marché des produits laitiers biologiques était l’Allemagne et pesait 1,1 milliard d’euros, suivi par la France, 711 millions d’euros. Le produit bio le plus consommé dans l’UE est le lait liquide de consommation. Sa part dans la consommation totale monte à 30 % au Danemark, 19 % en Suède et 17 % en Autriche. En France et en Allemagne, elle atteint 11 % tandis qu’elle se situe à seulement 6 % au Royaume-Uni.

L’Allemagne importe le tiers de sa consommation

En Allemagne, les produits laitiers bios comptent pour 19,5 % du marché bio national. Les fabrications étaient dynamiques l’an dernier : +13 % pour le lait de consommation et +9 % pour les fromages. L’Allemagne a exporté 10 % de sa production laitière biologique, soit 80 000 tonnes. Néanmoins, le tiers des produits laitiers biologiques consommés outre-Rhin sont importés, soit 120 000 t, principalement du Danemark (15 %) et d’Autriche (12 %). La production laitière est dynamique, et pourrait progresser de 10 % en 2017 et en 2018.

Au Danemark, la part des produits laitiers dans le marché biologique global atteint 26 %. Arla, le leader danois du secteur laitier, est très impliqué et collecte les trois quarts de la production. La filière est tournée vers l’export qui absorbe la moitié de la production (250 millions de litres) et pourrait progresser de 10 % par an jusqu’en 2020. La filière autrichienne est, quant à elle, très diversifiée et très présente, puisque toutes les laiteries du pays ont une activité bio. 40 % de la production est exportée, notamment en Allemagne. La croissance de la production devrait être plus mesurée, car le développement des collectes allemandes et danoises pourrait limiter le débouché export de l’Autriche.

+11 % en deux ans

La collecte laitière européenne devrait progresser de 11 % entre 2016 et 2018, selon Bioland. À 5 Mt, elle atteindrait 3,3 % du lait total. Ces volumes supplémentaires pourraient être principalement destinés à l’Allemagne, mais aussi à la Chine, demandeuse en particulier en lait infantile bio. Un bémol à la croissance des ventes de produits laitiers biologiques : la diversification des laits spécialisés : écologiques, équitables, locaux… Ainsi, la collecte autrichienne de « lait de foin » représente 15 % des volumes, autant que le lait bio. Jusqu’à six laits différents sont ainsi produits dans le pays. La crédibilité du bio européen pourrait aussi être remise en question par des consommateurs de plus en plus informés, sauf si les filières nationales font des efforts sur leurs standards de production.

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