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Produit festif
« La filière saumon fumé doit s’adapter à la loi Egalim »

Selon l’Entreprises du traiteur frais, l’année 1 de la loi Egalim ne sera pas facile pour la filière saumon fumé qui cherche ses marques. Elle peut toutefois s’adapter à condition que ses produits soient bien présentés en magasin. Par ailleurs, le saumon fumé poursuit sa montée en gamme avec un logo « Fumé en France ».

« Je pense que pour la filière française du saumon fumé, 2019 sera une année d’adaptation à la loi Egalim. L’activité promotionnelle doit être réinventée », lance Jacques Trottier, président de l’organisation professionnelle des Entreprises du traiteur frais (ETF) et directeur général de Labeyrie, à l’occasion d’un déjeuner de presse pour présenter son nouveau logo « Fumé en France ». « 2019 sera compliqué, et c’est normal, car c’est l’année 1. Il est néanmoins encore trop tôt pour dresser un bilan, nous ferons les comptes en janvier après les fêtes de fin d’année, donc ça ne sert à rien de nous plaindre dès maintenant. Nous ignorons comment le consommateur réagira à une baisse des promotions sur le saumon fumé », ajoute-t-il.

Les PME transformatrices de saumons fumés travaillent dans l’incertitude pour cette première année d’application de la loi Egalim, dont l’un des effets est la limitation des promotions. À noter que 30 % des volumes de saumons fumés sont vendus à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Nous n’avons pas eu le temps de nous habituer

« Nous n’avons pas eu le temps de nous habituer, contrairement à des grands groupes qui ont pu jongler sur tout un portefeuille de produits. Nous sommes dans une filière spécialisée », commente Jacques Trottier, qui ne voit toutefois pas cette loi d’un mauvais œil. « Évidemment que cette loi nous embête, mais soyons honnêtes : le consommateur n’y voyait plus rien parmi toutes ces promotions », constate-t-il.

Pour anticiper la période de fin d’année, l’ETF affirme beaucoup discuter pour mettre en avant dans les rayons le saumon fumé. « Nous sensibilisons la distribution pour lui dire qu’au-delà du prix, nous sommes sur une catégorie d’impulsion. Les produits doivent être bien mis en avant dans les rayons des magasins. Si tel est le cas, je ne pense pas qu’il y ait d’effets négatifs liés à la loi Egalim. Mais si la théâtralisation du saumon fumé n’est pas au rendez-vous, ça ne passera pas », explique-t-il.

Je ne crois pas aux « everyday, low price »

Selon Jacques Trottier, le consommateur français a besoin de promotions et n’aime pas quand les prix sont stables toute l’année, comme en Allemagne par exemple. « Je ne crois pas à la politique du “everyday, low price”, illustre-t-il, notre activité de promotion n’est qu’un jeu de vase communicant avec l’activité de fond de rayon. »

Une sortie d’Egalim ?

La filière du saumon fumé reste dans l’attente d’une proposition de loi qui assouplira le texte Egalim concernant les produits saisonniers. « Tant que cette loi n’est pas là et qu’elle n’inclut pas le saumon fumé dans une liste de produits qui sortiraient du dispositif, nous faisons la réglementation actuelle. Grâce à cet encadrement, l’amont des filières ne croira pas que les transformateurs bradent les produits », indique Jacques Trottier.

L’ETF souhaite communiquer sur le saumon fumé en sollicitant plusieurs canaux d’information, notamment via les médias, les réseaux sociaux ou encore les animations en magasins.

Lancement du logo « Fumé en France »

Dans le cadre de la montée en gamme de la filière saumon fumé française, l’ETF a lancé un logo « Fumé en France », qui fait suite à l’élaboration en 2018 de la charte du saumon fumé. « Ce logo est une réponse à la déconnexion qui s’est installée entre la perception des consommateurs et la réalité du savoir-faire de la filière en France », commente Pierre Commère, secrétaire général du groupe Saumon et truite fumés d’ETF. Sur les 31 000 tonnes de saumons fumés vendus en France, faisant du pays le 2e consommateur européen, 65 % sont transformés en France.

À l’heure actuelle, dix entreprises de fumage françaises (dont Delpierre, Labeyrie, Delpeyrat…), qui représentent 85 % des volumes de saumons qui sont fumés en France, se sont engagées dans la démarche. Les premiers produits arriveront sur le marché d’ici à janvier 2020, le temps de terminer le référentiel du logo pour l’ETF et d’adapter les emballages pour les distributeurs.

Le logo garantit non seulement la localisation française du fumage, mais aussi la responsabilité sociétale de l’entreprise « selon des critères au-delà de la réglementation. Le consommateur doit connaître nos engagements », complète Vincent Gélamur, directeur des engagements, des nouveaux projets et des innovations de Meralliance.

Le consommateur doit connaître nos engagements

Les PME transformatrices de saumons fumés s’engagent notamment à exploiter durablement et avoir une gestion responsable des ressources marines, préserver les qualités nutritionnelles du saumon ou encore proposer une traçabilité de l’amont à l’aval de la filière.

« Le logo concerne aussi bien les entreprises françaises ou étrangères qui ont des sites de transformation en France », souligne Vincent Gélamur. Certipaq réalisera des inspections auprès des PME sur soixante-dix points de contrôle. « Des plans d’action seront mis en place par l’entreprise si elle est défaillante sur un ou plusieurs critères », affirme-t-il.

« Selon une étude que nous avons menée avec CSA, le logo est une garantie de qualité pour 73 % des Français. Pour 74 % d’entre eux, il est incitatif à l’achat », conclut Jacques Trottier.

Mal noté par le Nutri-Score

Le développement en force du Nutri-Score dans les GMS françaises incite la filière saumon fumé à apposer le sigle sur ses produits, auxquels l’algorithme de calcul attribue les lettres C ou D. « La méthode de calcul est injuste pour le saumon fumé, car c’est un produit sans aucun conservateur. Mais pour sa conservation et son équilibre gustatif, nous rajoutons du sel, ce qui abaisse sa note », estime Jacques Trottier, président de l’organisation professionnelle des Entreprises du traiteur frais (ETF). Le saumon fumé est un produit naturellement riche en oméga 3, vitamine D, protéines ainsi qu’en acides gras essentiels, lui conférant une certaine qualité nutritionnelle. « Nous œuvrons pour changer l’algorithme du Nutri-Score », conclut Jacques Trottier.

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