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Main-d’œuvre
La crise a accéléré le déploiement d’Agil'Agro

Lancée il y a quelques mois à peine pour favoriser l’attractivité, l’employabilité et les mobilités professionnelles dans l’agroalimentaire sud-finistérien, la charte Agil'Agro vient d’entrer en action chez Hénaff, en cette trouble période de pandémie, par du prêt de main-d’œuvre.

En mars, la production de Hénaff a fait des bonds, de l’ordre de 20 % pour la boîte bleue et de 50 % pour certaines références de pâté. © Franck Jourdain
En mars, la production de Hénaff a fait des bonds, de l’ordre de 20 % pour la boîte bleue et de 50 % pour certaines références de pâté.
© Franck Jourdain

Des quatorze sites industriels adhérents d’Agil’Agro qui emploient entre 150 et 500 salariés – à l’exception d’une petite chocolaterie de dix personnes –, c’est donc le conserveur Hénaff (à Pouldreuzic) qui s’est lancé le premier en se faisant prêter de la main-d’œuvre par deux autres sociétés du groupe (Chocolaterie Robinet et Globexplore) contraintes, elles, à des mesures de chômage partiel. « À la mise en place des mesures de confinement, le taux d’absentéisme à l’échelle de la conserverie (230 salariés, ndlr) est monté à 16 % en cumulant arrêts maladie et arrêts pour garde d’enfants », explique Christelle Ageneau, directrice des ressources humaines chez Jean Hénaff.

Or, au mois de mars, la production de Hénaff a fait des bonds, de l’ordre de 20 % pour la boîte bleue et de 50 % pour certaines références de pâté. « Comme nous ne souhaitions pas augmenter le temps de travail et la fatigue des salariés, nous avons eu recours à une main-d’œuvre supplémentaire », indique-t-elle. Une petite dizaine de personnes « de la comptabilité et du marketing » ont accepté d’aller en production. Des enfants de salariés, quelques-uns de leurs proches et « des intérimaires que l’on connaissait déjà » sont également venus, précise-t-elle.

Prêt de quatre salariés pour Jean Hénaff

Avant que Christelle Ageneau ne reçoive un appel de Charles Bardon, directeur régional de HR Consultancy Partners (groupe Randstad), structure d’animation d’Agil’Agro. « Depuis le lancement d’Agil’Agro, dit-il, tout notre travail a consisté à fédérer les entreprises du groupe en matière d’animation, à diagnostiquer leur fonctionnement RH dans le but de monter des opérations de sensibilisation des acteurs du monde du travail à l’univers agroalimentaire. »

Avec la crise liée au Covid-19, toutes ces opérations ont été reportées. Et ce qui n’était pas encore une priorité – le prêt de main-d’œuvre – est soudainement devenu une urgence. Ensuite, tout est allé très vite.

Coup de téléphone de Charles Bardon le jeudi 2 avril, entretien le lendemain par la DRH de Hénaff de quatre salariés – trois de la chocolaterie Robinet située également à Pouldreuzic, une de Globexplore (Rosporden) – pour une embauche le lundi suivant. « L’intérêt du dispositif, c’est que nous n’avons pas à nous occuper de la mise en relation des entreprises et que les contrats sont déjà établis », précise Christelle Ageneau. Au bout de quelques jours, les trois salariés de la chocolaterie ont jeté l’éponge. Ne reste qu’une jeune femme de Globexplore (société filiale de Hénaff) qui travaille quatre jours par semaine à Pouldreuzic comme opératrice de conditionnement et une journée à Globexplore (administration des ventes export).

Il faut accompagner les salariés concernés

De cette première expérience de prêt de main-d’œuvre, la structure pilote d’Agil’Agro en tire de précieux enseignements. Le prêt de main-d’œuvre tient parfaitement la route sur le plan juridique. Et le plus important : « il faut tout autant accompagner les entreprises que les salariés concernés par le prêt », souligne Charles Bardon. Car au-delà des compétences, il convient d’avoir connaissance des motivations et capacités d’adaptation des salariés avant leur transfert dans un nouvel univers professionnel, même pour une période déterminée.

Extension du fonctionnement en vue

Jean Hénaff ne devrait pas en rester là. La conserverie envisage de se faire prêter d’autres salariés quand l’activité du frais (saucisses et produits dérivés) montera en puissance, dès le mois de mai. Ils pourraient venir de Meralliance (Quimper) et de la société Le Moulin de la marche (Châteaulin), deux opérateurs spécialistes du saumon fumé. En Ille-et-Vilaine, des discussions ont lieu actuellement avec l’État et la Région Bretagne pour constituer un groupe d’une dizaine d’industriels agroalimentaires qui fonctionnera de la même manière que dans le sud du Finistère. Clairement, le Covid-19 a accéléré le caractère opérationnel du dispositif.

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