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Production
La Bretagne accélère sur l’agriculture biologique

La Bretagne a passé le cap des 3 000 fermes biologiques à la fin de l’année 2018. La dynamique de conversion de la Région ne se dément pas, et l’année 2019 semble se profiler sous les mêmes auspices.

© DR

La barre symbolique des 3 000 fermes biologiques a été franchie en Bretagne, à la fin de l’année 2018 (lire aussi page 14). Depuis deux ans, l’agriculture biologique connaît une progression importante et régulière. D’après l’Observatoire de la production bio en Bretagne, la Région compte 3 080 fermes biologiques, pour 107 000 hectares en agriculture biologique. Autre cap symbolique, plus d’une ferme sur dix en Bretagne est désormais une ferme bio. Une croissance importante qui est marquée par deux grandes tendances : l’installation en maraîchage et la conversion de l’élevage laitier. « Nous observons clairement une dynamique de conversion plus régulière qu’avant. Il y a eu des caps comme en 2008-2010 et en 2015-2016 avec la crise laitière, par exemple. Mais le nombre de conversions se stabilise à des niveaux élevés depuis quelques années », explique aux Marchés Hebdo Julien Sauvée, président de la Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne (Frab) et éleveur de porcs, bovins viande et producteur de cidre de jus de pomme, en Ille-et-Vilaine.

Nous observons une dynamique de conversion plus régulière qu’avant

Et selon lui, les installations sont également fortes. « Une installation aidée sur trois se fait en agriculture biologique. Et nous serions à des niveaux encore plus élevés si on pouvait comptabiliser les installations non aidées », ajoute-t-il. La Bretagne, sixième région française en nombre de fermes biologiques, est la première région productrice d’œufs et de légumes bios, et la deuxième région productrice de lait bio.

Le maraîchage en tête

Les premiers chiffres du 1er semestre 2019 semblent confirmer une tendance de fond. Avec 237 nouvelles fermes biologiques notifiées sur les six premiers mois 2019, la région compte 3 317 fermes biologiques, selon les derniers chiffres actualisés de la Frab au 1er juillet 2019. « La dynamique des engagements en bio est toujours majoritairement portée par les conversions : elles représentent 63 % des engagements de ce premier semestre 2019 », commente la fédération régionale.

Les installations se font surtout dans les légumes

« Les installations se font surtout dans les légumes, comme les conversions », précise Julien Sauvée. Largement prisé par les jeunes installés en bio, le maraîchage redevient la production majoritaire chez les nouveaux engagés en bio (27 %), devant les bovins lait (24 %) et les grandes cultures, qui connaissent toutefois une forte augmentation (18 % de nouveaux engagés en 2019 contre 8 % en 2018).

La nutrition animale s’adapte à la demande des consommateurs, la production nationale d’aliments bios pour animaux a atteint 480 000 tonnes en 2018 (+23 %), la progression s’accélérant (+15 % en 2017). Le bio représente au total 2,4 % des aliments pour animaux d’élevage produits en France. Le Grand Ouest représente la moitié de la production nationale d’aliments bios.

Les pays de la Loire avec 3 % de bio sont en avance en parts de marché sur la Bretagne (1,8 %), mais restent toutefois derrière en volume (138 637 t en Bretagne, 107 527 t en Pays de la Loire), selon Nutrinoë, l’association regroupant les entreprises de nutrition animale de Bretagne. L’an dernier, la plus forte croissance est venue du porc : avec +82 %, suivie par les pondeuses (+25 %), les poulets de chair (+20 %) et les bovins (+11 %).

Conserver un équilibre des marchés

Les trois raisons qui ont poussé le président de la Frab à convertir la ferme familiale avec son père, il y a dix ans, sont encore valables aujourd’hui : le défi technique, la pression sociétale et la stabilité des filières biologiques. Ce dernier moteur reste toutefois fragile et doit être préservé pour ne pas commettre les mêmes erreurs que la filière œuf. « En un an, la filière œuf s’est plantée, car dans la plupart des cas, le développement s’est construit par des projets d’entreprises et non pas de producteurs. Attention au "one-shot" », estime Julien Sauvée.

Même message de la Frab que celui de la fédération au niveau national, le développement de l’agriculture biologique doit se faire dans un objectif de structuration des filières et d’équilibre des marchés.

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