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Importations ukrainiennes : Bruxelles ouvert au plafonnement sur certains produits agricoles sensibles

Alors que les mesures commerciales en faveur de l’Ukraine devraient être reconduites, Bruxelles propose un système de plafonnement sur les produits sensibles : volaille, œufs, et sucre.

douaniers
Bruxelles propose des seuils d'importation au-delà desquels les produits sensibles seraient soumis de nouveau à des droits de douane
© Généré par l'IA

Mis à jour le 31/01, à 20h30 avec réaction CGB

Depuis l’invasion d’une partie de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne a mis en place des mesures commerciales exceptionnelles pour soutenir son voisin, notamment la levée des droits de douanes sur de nombreux produits agricoles. Ces mesures ont entraîné une envolée des envois de l’Ukraine vers l’UE en céréales, et oléagineux, en volaille (dinde et poulet), en œufs et en sucre notamment. Cette concurrence, jugée déloyale par les agriculteurs communautaires, car ces produits très compétitifs ne respectent pas les normes européennes, est une des braises qui alimente les foyers de colères agricoles partout en Europe

Lire aussi : L’UE a acheté 7 fois plus d’œufs ukrainiens en 2023 qu’en 2021

Des seuils calculés sur les exportations ukrainiennes de 2022 et 2023

Dans le cadre de la prolongation pour une année supplémentaire des mesures commerciales autonomes en faveur de l’Ukraine présentée le 31 janvier, Bruxelles propose un système de « frein d’urgence » automatique pour certains produits sensibles (volaille, œufs et sucre), rapportent nos confrères d’Agra. Ces quotas sont vivement demandés par les opérateurs européens.

Lire aussi : Poulet ukrainien : « il est impératif de revenir à des quotas »

Cette concession de Bruxelles calmera-t-elle les agriculteurs ?

 Néanmoins, les seuils au-delà desquels des droits de douane seront réinstaurés seraient basés sur les niveaux d’importations moyens des années 2022 et 2023, soit des niveaux bien plus élevés qu’avant la guerre et qui ont déjà contribué à déstabiliser certains marchés. De plus, ni les céréales ni les oléagineux ne sont pas prises en compte dans cette proposition, or les envois ukrainiens sont source de tension dans les pays limitrophes notamment la Pologne et la Roumanie. 

Lire aussi : Importations d'Ukraine : l’interprofession de la volaille française veut activer la clause de sauvegarde

Un mécanisme trop complexe, trop tardif pour les betteraviers

La CGB (confédération générale de la betterave) réagit à cette annonce en pointant un mécanisme "d’une grande complexité", et estime que le contingent avoisinerait les 300 000 tonnes de sucre. Mais il n'entrera en vigueur que le 6 juin prochain, au moment de la prolongation de l'accord commercial. "D’ici là, les importations massives vont se poursuivre : 700 000 tonnes pour la campagne en cours contre 20 000 tonnes avant la guerre." écrivent les betteraviers dans un communiqué, rappelant que les cultures ukrainiennes ne sont pas aux mêmes normes que celles européennes, avec notamment "29 substances actives (fongicides, insecticides, herbicides) encore utilisables en Ukraine sont interdites dans l’Union européenne."

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