Foie gras : Comment les opérateurs expliquent les résultats ternes des fêtes de fin d’année 2025 ?
Malgré un bilan global négatif, les ventes de produits festifs ont été dynamiques au cœur de la période de fêtes. Les ménages retardent leurs achats, mais des marques comme Maison Montfort et Labeyrie ont su gagner des parts de marché sur la période.
Malgré un bilan global négatif, les ventes de produits festifs ont été dynamiques au cœur de la période de fêtes. Les ménages retardent leurs achats, mais des marques comme Maison Montfort et Labeyrie ont su gagner des parts de marché sur la période.
Les ventes de produits alimentaires festifs en grandes surfaces ont enregistré en 2025 leur plus faible performance depuis 2020. Selon Circana, elles reculent de 5 % en volume par rapport à 2024 et de 2,3 % en valeur. Le foie gras n’échappe pas à cette tendance baissière. Sur l’ensemble de la saison festive, du 13 octobre au 4 janvier, les ventes diminuent de 2 % en volume sur un an.
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Toutefois, la dynamique est nettement plus favorable sur le cœur de période. D’après le Cifog, les ventes de foie gras progressent de 9 % sur les semaines clés allant du réveillon de Noël à celui du Nouvel An. Un constat partagé par des marques telles que Maison Montfort et Labeyrie Fine Foods.
Des marques de foie gras en progrès sur ce festif
« Les consommateurs ont été au rendez-vous de l’offre foie gras Labeyrie ce Noël 2025 », s’enthousiasme Stanislas Giraud, directeur général de Labeyrie Fine Foods premium au cours d’une conférence de presse. La marque enregistre une progression de 1,1 point en un an de sa part de marché sur le foie gras mi-cuit, et représente désormais 24,7 % du marché. Toutefois que, les volumes de mi-cuit vendus par la marque reculent de 3 % par rapport à 2024, et le chiffre d’affaires est en baisse de 5,3 %.
Chez Maison Montfort, le bilan de la saison festive s’avère positif. « Sur le foie gras transformé, nous sommes en progression sur cette période », souligne Ghuislain Hanicotte, responsable marketing de la marque. En volume, Maison Montfort affiche une stabilité globale, « une performance notable dans un marché pourtant en recul », précise-t-il. Sur le segment du mi-cuit, la marque gagne 0,3 point de part de marché. Les marques de distributeurs progressent également, avec un gain de 0,4 point. À l’inverse, Delpeyrat et Larnaudie enregistrent des reculs respectifs de 1,6 point et 1,3 point.

Le foie entier tire la croissance chez Maison Montfort
Sur le segment du foie gras entier, Maison Montfort conserve sa position de leader pour la douzième année consécutive, avec 17 % de parts de marché. Sur ce festif, les ventes de cette catégorie progressent de 2,3 % en volume par rapport à 2024. Au total, l’entreprise a écoulé 3211 tonnes de foie gras durant le festif 2025, dont 51 % étaient du foie gras entier.
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Des catégories en difficulté et une avant-saison décevante
À l’inverse, certaines catégories ont moins bien marché, en particulier les blocs de foie gras, avec ou sans morceaux, chez Maison Montfort. « Les ventes sur l’avant-saison, entre novembre et la mi-décembre, ont été un peu décevantes », reconnaît Ghuislain Hanicotte. Ce dernier poursuit : « Cette contre-performance s’explique en partie par la prudence accrue des distributeurs, notamment au sein des EDMP, comme Lidl et Aldi, qui ont réduit leurs dispositifs promotionnels et leurs mises en avant sur cette période. »
Les distributeurs mis en cause pour la baisse des achats de foie gras
Sur le cumul des produits festifs, les promotions sont en baisse de 50 % en GMS pour ce festif comparé à 2024, contre une chute de 40 % pour l’ensemble PGC FLS. Le foie gras est la catégorie avec le plus de réduction pendant les périodes promotionnelles.
« Il y a eu un parti pris clair cette année de la grande distribution avec un démarrage tardif des ventes de foie gras sur la saison festive, des mises en avant plus tardives et moins d’offres promotionnelles » explique le directeur général de Labeyrie Fine Foods premium. Les industriels estiment que la grande distribution n’a pas suffisamment mis en avant le foie gras durant la période festive, ce qui a pesé sur les performances commerciales.
Des achats plus tardifs et plus tactiques
Les comportements d’achat des consommateurs ont également évolué. De plus en plus tactique, les ménages ont retardé leurs achats afin de se rapprocher au maximum des fêtes, dans l’espoir de bénéficier des meilleures promotions. Là où, certaines années, les premiers achats pouvaient intervenir dès le début de la saison, suivis d’un arbitrage vers des produits de plus fort grammage pour les repas de fête, ce schéma s’est nettement estompé en 2025.
Cette prudence s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint. Le budget de Noël 2025 des Français recule à un point bas, avec une moyenne estimée à 491 euros par ménage. Les dépenses festives ont ainsi été limitées au profit des achats du quotidien.
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Une réallocation des dépenses alimentaires des ménages en décembre
Selon Circana, une grande partie du budget alimentaire des ménages s’est réorientée vers les produits de consommation courante durant décembre, au détriment de certaines catégories festives. En parallèle, les données confirment un excellent mois de décembre pour les commerces alimentaires hors GMS, avec des croissances souvent à deux chiffres. Les Français ont plus dépensé chez les spécialistes du frais, du bio, du surgelé et chez les commerçants traditionnels en décembre 2025 qu’un an plus tôt.
« Ces magasins spécialisés ont certes bien performé, ce qui est une très bonne nouvelle, mais ils représentent une part encore limitée des volumes de ventes de foie gras par rapport aux GMS », nuance toutefois Ghuislain Hanicotte.
Les ventes de foie gras se lissent sur l’année
Malgré ces difficultés sur la période festive, le foie gras affiche une performance positive sur l’ensemble de l’année 2025, avec une progression de plus de 2 %, portée par un premier semestre particulièrement favorable. « Le premier semestre a été très positif, au point de tirer l’année dans son ensemble », souligne Ghuislain Hanicotte.
Pour le Cifog, le potentiel reste intact : « Si l’année est positive pour le foie gras, il reste encore du potentiel à exploiter sur les fêtes. »
Perspectives pour la saison festive de 2026
Les professionnels abordent la saison festive 2026 avec optimisme. L’enjeu principal sera de renforcer la visibilité du foie gras dès le mois de novembre, en misant sur une présence accrue en magasin et des dispositifs promotionnels plus précoces.
« Sur les dernières années, les achats se sont davantage concentrés sur les semaines de réveillon. L’objectif est de regagner en visibilité dès le mois de novembre afin de permettre aux Français de tester le foie gras en amont des repas de fête », projette le responsable commercial de Maison Montfort.
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Les innovations, des valeurs sures pour des ventes en saison festive
Chez Maison Montfort, les nouveautés ont également bien fonctionné, notamment la gamme de foie gras issue de canards élevés et transformés en Gascogne, sous IGP Gascogne, lancée l’an dernier. « Nous avons eu des produits qui ont très bien performé cette saison », se félicite le responsable commercial, avec un taux d’écoulement atteignant 85 % des produits référencés durant ce festif.
Pour Labeyrie, l’innovation a pesé pour 2,6 % des volume de la saison festive sur l'ensemble des produits alimentaire, dont le foie gras. Leurs ventes de foie gras ressortent avec un taux d’écoulement historique pour l’entreprise de 89 % sur ce festif. L’entreprise compte poursuivre sur la lancée en proposant une nouvelle gamme pour la Saint Valentin, des mini cœurs de foie gras, à servir en apéritif.