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Distribution
Des achats inconsidérés ont créé des tensions

« Il n’y a pas de pénurie alimentaire », insiste Thierry Desouches, directeur des relations extérieures et porte-parole de Coopérative U Enseigne, qui reconnaît que le Covid-19 a désorganisé toute la chaîne.

Thierry Desouches, directeur des relations extérieures et porte-parole de Coopérative U Enseigne. © DR
Thierry Desouches, directeur des relations extérieures et porte-parole de Coopérative U Enseigne.
© DR

Les Marchés Hebdo : Comment les magasins U adaptent leurs approvisionnements pour répondre aux achats massifs de précaution des Français ?

Thierry Desouches : Notre principal souci est d’assurer l’approvisionnement dans les rayons de façon homogène sans trop d’à-coups pour les consommateurs. Pour répartir les quantités disponibles dans les magasins, on lisse les commandes. Il n’y a pas de pénurie, on ne manque pas de produits. Le problème c’est que des achats en volumes inconsidérés ont entraîné des ruptures. Cet afflux a créé des tensions, des industriels se retrouvant avec des commandes hors des proportions habituelles. Pour les pâtes, après l’affolement préconfinement du 16 mars, on revient à des ventes plus normales, mais les volumes restent soutenus. Par exemple, pour les pâtes à Marque U en accord avec nos fournisseurs, nous avons réduit le nombre de références. Et puis, nous nous étions préparés à cette situation en augmentant nos stocks dès le début de la crise en Italie. Par exemple, nos stocks de pâtes qui sont habituellement de 4 semaines étaient passés à 1 mois et demi.

Nos stocks de pâtes étaient passés à 1 mois et demi

LMH : Certaines PME disent avoir vu leurs commandes annulées pour faire de la place dans les entrepôts…

T. D. : Nous sommes face à une situation totalement anormale, cela a désorganisé toute la chaîne. Cela a pu contribuer à reporter des commandes, mais pas de façon durable et pas sur d’énormes quantités. Loin de nous l’idée de léser les PME. D’ailleurs, nous avons pris la décision de régler au comptant leurs factures. Les plus petits fournisseurs sont ceux qui souffrent le plus. Et nous aurons besoin de les retrouver après le coronavirus. Il faut être solidaires avec l’amont dans cette crise dont on dit que les conséquences seront supérieures au krach boursier de 1929.

LMH : Si la crise perdure, l’approvisionnement alimentaire risque-t-il de se tendre ?

T. D. : Pour l’instant, dans les magasins, on arrive à gérer. Aucun magasin n’a dû fermer, même en Alsace fortement touchée par la crise. En revanche on travaille dans des conditions dégradées. Les rayons traditionnels sont parfois fermés, car il n’y a pas assez de personnel pour assurer la continuité de service. Mais aussi parce que l’on se retrouve parfois face à la méfiance du consommateur devant des produits non emballés.

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