Aller au contenu principal

Croissance ralentie des échanges mondiaux

Sur les quatre premiers mois de 2017, les exportations européennes de la poudre maigre progressent de 13 %.
© DR

Nombreuses sont les zones d’ombre entourant le marché mondial des produits laitiers cette année. Donald Trump et ses positions changeantes sur les accords commerciaux, la recrudescence des tensions dans les pays du Proche et Moyen-Orient, le Brexit ou encore la volatilité des taux de change se conjuguent pour limiter la visibilité sur la tenue du commerce.

En 2016, les échanges internationaux ont atteint 66,2 millions de tonnes équivalent lait selon l’Idele, soit 2 % de plus qu’en 2015, mais une croissance bien moindre qu’avant la crise de 2008. La consommation mondiale s’est néanmoins ressaisie et a progressé de 2 %, plus rapidement que la production, ce qui a permis d’absorber près de 2 millions de tonnes (Mt) de stocks, estimés à 5,5 Mt fin 2016. De quoi autoriser un redressement des cours.

Beurre et fromage recherchés

Les échanges de fromages ont bondi l’an dernier, progressant de 6 % à 2,35 Mt (50 % de plus qu’en 2006), pour 9,3 milliards d’euros. L’Union européenne est le leader du secteur, avec une part de marché de 33 %. Ce sont surtout les fromages ingrédients qui tirent les échanges, notamment grâce à la flambée de la consommation de pizzas et burgers dans le monde. Le Japon est le premier importateur mondial, devant la Russie qui se fournit depuis son embargo exclusivement en Biélorussie. Sur les quatre premiers mois de 2017, les exportations européennes ont encore crû de 7,4 %, à 273 000 t, selon GTIS.

En beurre, 1 Mt ont été échangées l’an dernier, soit 3 % de plus qu’en 2015 et 10 % de plus qu’en 2006. Le manque de disponibilités a limité la croissance des échanges, une pénurie encore plus sensible cette année : les envois communautaires ont reculé de 26 % sur quatre mois, à 63 000 tonnes. Les stocks mondiaux sont au plus bas et les prix au sommet.

Vers une reprise des poudres

À l’inverse, le marché des protéines laitières s’est compliqué en 2016. À 2,5 Mt, les échanges de poudre grasse ont reculé de 2 % sur un an, tout en affichant une hausse de 43 % en dix ans. La Nouvelle-Zélande détient plus de 50 % des parts de marché sur ce produit. En poudre de lait écrémé, 2,1 Mt ont été échangées l’an dernier, soit 5 % de moins qu’en 2015, mais plus du double du niveau de 2006.

L’Union européenne exporte 37 % de la poudre maigre. La demande se ressaisit en 2017, et les exportations européennes ont progressé de 13 % au premier quadrimestre, notamment vers l’Algérie, la Chine et le Mexique. Néanmoins, le poids des stocks reste considérable et la DG Agri estime qu’il faudrait une progression de 24 % des exportations communautaires en 2017 pour équilibrer le marché qui va subir la sortie du stockage privé aidé.

On peut, par ailleurs, noter l’exception des poudres de laits infantiles dont la demande se développe. Malgré des volumes encore faibles (163 000 t envoyées par l’UE sur quatre mois, +9,5 %), ces poudres pèsent lourd dans les échanges internationaux en valeur (1,35 milliard d’euros, +7,5 %) et se placent au premier rang des exportations européennes, devant les fromages.

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

camion bétailler au port
Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux…

viande en usine
Viande bovine : les marges brutes de l’abattage découpe ont fondu en 2025

Les données de l’Observatoire des prix et des marges indiquent un niveau de marge brute historiquement bas pour l’abattage-…

moutons sur une passerelle de navire
14 millions d’ovins exportés dans le monde : d’où viennent-ils, où arrivent-ils ?

Les exportations d’ovins vivants sont toutes dirigées vers des pays de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen Orient. Le…

poules dehors en élevage
Canicule : 500 à 700 000 poules pondeuses perdues, des conséquences à moyen terme en œufs 

Les premières estimations du CNPO sont à une perte de 1 à 1,5 % du cheptel. Tous les modes d’élevage ont été touchés. Les…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio