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Crise : l’engrenage fatal de Maison Le Goff

La jeune marque de biscuits bretons Maison Le Goff disparaît et 30 salariés sont licenciés. Marie-Laure Jarry, DG démissionnaire du fabricant éponyme dans le Finistère, décrypte le mécanisme en cause.

Marie-Laure JARRY, DG démissionnaire de Maison Le Goff
Marie-Laure JARRY, DG démissionnaire de Maison Le Goff
© Stéphane Martin pour HVRProd

Les biscuits bretons et gâteaux Maison Le Goff disparaissent ; ne restent que les MDD fabriquées par moins de la moitié des 58 salariés de la PME familiale établie dans le Finistère. Cette jeune marque avait été lancée pendant l’hiver 2019-2020. « Il nous a manqué deux ans pour atteindre l’équilibre entre marque propre et marques de distributeur », déplore Marie-Laure Jarry, la directrice générale qui décide de quitter l’entreprise après un peu plus de quatre ans d’exercice. L’entreprise familiale Maison Le Goff comptant 32 salariés et réalisait 4 M€ de Chiffre d’affaires en 2019 quand elle a été achetée par l’investisseur Bio Conquête (elle a été reprise à 100 % par un fondateur de Bio c’bon en septembre 2022).

Manque d’investissement

Laure-Marie Jarry rappelle le contexte financier lors du rachat en 2019 : un « manque cruel d’investissements pendant trente ans et une situation déficitaire ». 700 000 euros ont été injectées dans la modernisation des lignes, peu par rapport aux besoins estimés. En avril 2023 une partie du toit de l’outil industriel s’est affaissé, lequel n’est « pas à jour » selon elle. Demeurée déficitaire, l’entreprise n’a pu compter sur les banques.

De la crise Covid à l’énergie

Quant à la conjoncture, la dirigeante démissionnaire relate : « D’abord, Maison Le Goff a perdu de l’argent avec la crise Covid. Puis la crise des matières premières a démarré en avril 2021, par l’augmentation des emballages. Le carton et le plastique ont pris 50% ; en mai c’était le beurre, en juillet 2021 le sucre… Le Smic a pris 5 points en un an et demi. Le coup de grâce a été l’énergie », décrit-elle. Quant aux revalorisations tarifaires, Marie-Laure Jarry est moins optimiste cet automne que dans une interview de janvier 2023 : « Les distributeurs ont mis un an à accepter nos demandes », reproche-t-elle. « Le mot engrenage décrit bien l’effet d’entraînement du manque de renouvellement des outils et de R&D pour cause d’ultra guerre des prix, illustre-t-elle. Sans le covid et la crise des matières premières, nous aurions pu nous développer, mais nous n’avions aucune marge de manœuvre », considère-t-elle. 

Lire aussi : Inflation : Un tiers des PME-ETI en déficit, selon la Feef

Amère, l’ancienne dirigeante regrette la trentaine de licenciements et la perte d’une marque bretonne basée sur un savoir-faire pâtissier historique. Elle mentionne sur le réseau social Linked’In plusieurs initiatives vertueuses : choix de la farine bretonne sans pesticides "Merci les algues", apposition du Planet-score sur les produits. 

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