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Accord transatlantique : « L'impact pourrait être favorable aux produits laitiers et au sucre. »



Jean-Christophe Bureau, professeur en économie à AgroParisTech et coauteur d'une étude pour le Parlement européen sur l'impact du TIPP.
LMH : Croyez-vous à la signature rapide de l'accord ?

Les Marchés Hebdo: Vous avez coécrit pour le comité agricole du Parlement européen un rapport intitulé « Risques et opportunités pour le secteur agroalimentaire européen d'un possible accord commercial entre l'Union européenne et les États-Unis » (TIPP, ndlr). Globalement vous en déduisez qu'il serait plus favorable aux États-Unis ?

Jean-Christophe Bureau : Ça c'est sûr, même si on a du mal à estimer l'impact des mesures non tarifaires. On part d'une balance très déséquilibrée en faveur de l'Union européenne qui exporte beaucoup de vins et spiritueux. Je ne sais pas si le TIPP va vraiment nous aider sur ce secteur où nous sommes déjà forts. L'impact pourrait être favorable aux produits laitiers transformés. D'ailleurs, Lactalis est l'un des rares opérateurs à ne pas râler contre ce projet. Même si les opérateurs ne sont pas d'accord avec nous, on maintient aussi que le secteur sucrier européen devrait en profiter. À l'inverse, on s'attend à voir de l'importation d'éthanol et d'isoglucose de maïs américains. Autre secteur qui risque d'être fortement pénalisé : la viande bovine. Les Américains ont déjà une filière sans hormone, ils sont prêts.

LMH : L'accord peut-il présenter des opportunités pour d'autres secteurs ?

J.-C. B. : Pour des produits de notre gastronomie, comme les préparations à base de viande, aux États-Unis il y a quand même une clientèle qui a des sous, et le pays devrait connaître une croissance. Si l'on arrivait à faire respecter nos appellations sur les fromages et les jambons, il pourrait y avoir des avantages. Mais ce n'est pas gagné, les Américains font confiance aux marques, pas aux IGP. Sans compter que les procédures sanitaires sont très compliquées. Pour vendre aux États-Unis, c'est plus facile de faire du tariffjumping. Comme Barilla qui a installé une énorme usine dans l'Iowa. D'ailleurs, l'accord TIPP devrait faciliter aussi les investissements. Les États-Unis comportent de nombreuses communautés et présentent donc beaucoup de marchés de niche.

LMH : Croyez-vous à la signature rapide de l'accord ?

J.-C. B. : Je doute qu'il aboutisse ou alors a minima face à la puissance chinoise. Il y a trop de sujets difficiles : normes et réglementations. Et on ne voit pas le congrès américain accepter des concessions sur des quotas de viande bovine par exemple comme l'a fait le Canada. En tout état de cause, il faut que les entreprises soient derrière les négociateurs pour qu'ils connaissent les obstacles concrets aux exportations vers les États-Unis et ne se battent pas pour des clauses inapplicables.

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