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Diversification
La cosmétique, un débouché grandissant pour les coproduits agroalimentaires

Pour répondre aux nouvelles tendances, la cosmétique porte un intérêt croissant aux filières agroalimentaires afin d’en récupérer les produits déclassés ou les déchets issus de la transformation.

Nicolas Attenot, président de Biolie.
Nicolas Attenot, président de Biolie.
© Biolie

Comme les acteurs de l’agroalimentaire, ceux de la cosmétique présentent des démarches d’amélioration continue et cherchent à minimiser leur empreinte carbone. De nombreuses sociétés ont créé ou veulent créer des partenariats avec les filières agroalimentaires afin de s’approvisionner pour valoriser les produits invendus ainsi que les coproduits issus des procédés de transformation. « Le consommateur cherchait auparavant des produits cosmétiques efficaces. Aujourd’hui, il recherche des produits vertueux », souligne Angéline Rocherieux, responsable marketing des laboratoires Expanscience.

Les fabricants cosmétiques sont à la recherche de tous types de produit : fruits et légumes, légumineuses ou encore produits de la mer ou graisses animales. « Nous voulons apporter des revenus supplémentaires aux filières agricoles et agroalimentaires. Cette piste leur permet aussi de diversifier leurs activités », ajoute Angéline Rocherieux.

Apporter des revenus supplémentaires à l’agroalimentaire

« Nous travaillons aujourd’hui sur une centaine de coproduits agricoles, agroalimentaires et forestiers », indique Nicolas Attenot, président de la PME Biolie, spécialiste de l’extraction végétale par voie enzymatique. La société revendique un côté naturel de son procédé, durant lequel les enzymes découpent les parois des cellules pour libérer les molécules recherchées, « le tout dans un solvant qui n’est autre que l’eau. Nous broyons, chauffons, agitons et filtrons entre 50 et 3 000 litres. Les enzymes sont adaptées à la biomasse pour chacune des extractions ».

Biolie a une licence brevetée qu’elle peut vendre à ses clients « afin qu’ils implantent leur unité de transformation là où il y a de la ressource à proximité », précise Nicolas Attenot.

Valorisation de produits déclassés ou de coproduits de la transformation

Les exemples actuels ne manquent pas : les sociétés Payan Bertrand et Exsymol valorisent des drèches de fleurs de sureau pour en faire un actif contre les cernes et les poches sous les yeux, nommé Meiyanol. Les laboratoires Expanscience ont, quant à eux, lancé en avril 2020 Number 6, produit similaire fabriqué à partir d’avocats déclassés. La marque Perlucine valorise, quant à elle, des coquilles d’huître dans une gamme de soins en poudre.

De son côté, Biolie récupère des noyaux de fruits tels que les abricots, issus de la fabrication de jus de fruits, confitures ou purées, afin d’en faire de l’huile. « Nous valorisons aussi les pépins de courgette, de poire, mais aussi les déchets de tamisage des salades et les coproduits issus de la fabrication d’Ice Tea, signale Nicolas Attenot. Nous récupérons des déchets de tomates pour en extraire le lycopène et de carottes pour en extraire le bêtacarotène, colorants utiles à la cosmétique et à l’agroalimentaire ».

Les laboratoires Expanscience ont un partenariat avec une coopérative de la vallée de la Loire pour récupérer les enveloppes entourant les graines de lupin. Celles-ci sont utilisées pour la fabrication du lupéol qui favorise la synthèse de collagène de la peau et est donc intégré à des crèmes antirides.

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