Jean-François Bruel, éleveur de salers dans le Cantal, a revu l’organisation de la distribution de la ration des vaches à l’engraissement et des « très jeunes bovins ». Des observations sur les yeux et le poil des bovins selon la méthode Obsalim avaient alerté sur un déficit de rumination.
À l’EARL de Combelles, à Arpajon-sur-Cère dans le Cantal, Jean-François Bruel élève 100 vaches salers. Pour l’alimentation du troupeau, cet adhérent de longue date au contrôle de performances s’appuie chaque année sur le bilan fourrager, les résultats d’analyse des ensilages d’herbe et de maïs, et le calcul de rations sur les conseils de François Martin, de la chambre d’agriculture du Cantal. Les « très jeunes bovins » (objectif 650 kgV à 15-17 mois) sont d’ailleurs pesés une fois par mois et l’éleveur intervient rapidement sur la ration s’il faut la caler.
Pour ces jeunes mâles et pour les vaches à l’engraissement, il a récemment revu ses pratiques pour améliorer la valorisation de leur ration. Celle-ci est composée d’ensilage de maïs et foin de luzerne – dactyle distribué avec une pailleuse distributrice, avec des céréales et un correcteur azoté réparti au seau dessus.
Croûtes jaunes aux yeux et poil levé derrière l’épaule
« L’hiver dernier, Jean-François passait un peu vite pour nourrir les lots en engraissement. Il a beaucoup de travail avec une unité de main-d’œuvre pour cent vêlages », présente François Martin. « J’ai observé que les vaches ne ruminaient pas très bien. » Une bonne proportion d’entre elles présentait des croûtes jaunes au coin des yeux, signe spécifique d’un excès d’azote soluble, et leur poil derrière l’épaule était dressé, marque d’un léchage après le repas parce que l’acidose leur cause une démangeaison/douleur. Le conseiller est formé à la méthode Obsalim et a intégré dans ses conseils l’observation « à sa façon » du comportement des bovins. « Cela permet de mettre des mots sur les problèmes qu’on peut explorer dans l’efficacité des rations. »
La ration était bien construite, il fallait juste modifier les pratiques de distribution de la ration pour que les vaches ingèrent davantage de fibres avant de commencer à manger le concentré. « Maintenant, je m’organise autrement, explique Jean-François Bruel. Je distribue le fourrage aux vaches à l’engraissement et je passe ensuite dans l’autre bâtiment faire autre chose. Une demi-heure plus tard, je reviens leur distribuer les céréales et le correcteur. » Dès deux jours plus tard, les signes sur les yeux et le poil des bovins en engraissement avaient disparu. Bilan en fin d’engraissement : les vaches sont restées fraîches et les croissances ont été conformes aux prévisions, les « très jeunes bovins » ont atteint les objectifs.
Fiche élevage
140 ha SAU : 3 ha d’orge, 12 ha de blé, 10 ha de maïs ensilage, 10 ha de luzerne dactyle, 10 ha de prairie multiespèce et 95 ha de prairies naturelles
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100 vaches salers avec vente de jeunes bovins (650 kgV à 15-17 mois) et reproducteurs
1 UMO
Le réglage alimentaire par l’observation des signes
La méthode Obsalim consiste en une analyse méthodique de l’observation des bovins. Elle a été mise au point par le vétérinaire Bruno Giboudeau à partir du début des années 90. Cent quarante-trois symptômes sont répertoriés comme clés de détermination spécifiques sur les bouses, l’œil, le nez, la peau, les poils, le pied, les cornes, le lait et l’urine et aussi le comportement, l’état général, l’ingestion, la reproduction, la rumination, les locaux. Le résultat indique trop ou trop peu d’énergie fermentescible et d’énergie globale, d’azote fermentescible et d’azote total, de fibres fines et de fibres de structure, ainsi que le niveau de stabilité du rumen.
Les observations se font à l’échelle d’un lot d’animaux ou du troupeau entier, par l’éleveur lui-même après une formation, un conseiller ou un vétérinaire.
La méthode est détaillée dans la 4e édition du livre Les vaches nous parlent d’alimentation. Elle se décline aussi avec un jeu d’une soixantaine de cartes avec photos et d’un logiciel.