Prédire à partir d’un test sanguin quels sont les jeunes bovins les plus et les moins efficients à valoriser leur alimentation est possible. Reste à voir si y adapter la ration permet d’économiser des ressources alimentaires. Le point avec l’Inrae et Eliance.
« Deux à trois paramètres mesurés à partir d’une prise de sang permettent de classer correctement la plupart des animaux les plus et les moins efficients du troupeau avant leur mise à l’engraissement », présentent Gonzalo Cantalapiedra, nutritionniste de l’Inrae et Florian Besnard, généticien d’Eliance. Ces deux organismes travaillent sur la nutrition de précision chez le bovin en engraissement, dans la suite du projet Beefalim qui portait sur la sélection génétique des bovins sur leur efficacité alimentaire.
« On cherche des critères qui sont faciles et peu chers à mesurer en pratique. On a identifié des biomarqueurs plasmatiques héritables qui pourront à terme servir de phénotypes pour sélectionner les animaux les plus efficients du troupeau, mais aussi pour leur proposer une alimentation plus riche et mieux adaptée à leur potentiel », relèvent les chercheurs. Des essais menés sur près de 630 jeunes bovins charolais dans quatre fermes expérimentales avaient permis de tester une dizaine de biomarqueurs du sang. L’efficience alimentaire est mesurée par l’indice de consommation résiduelle, qui correspond à la différence entre l’ingestion alimentaire réelle et l’ingestion alimentaire prédite à partir du poids vif et des performances de croissance observées chez l’animal. Ceci pour deux régimes contrastés, l’un de type « amidon » à base d’ensilage de maïs, l’autre de type « cellulose » à base d’herbe.
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Une ration plus riche pour les plus efficients du lot
Entre 2023 et 2025, la mise en pratique a été testée à la ferme expérimentale des Etablières (Vendée) sur des jeunes bovins charolais engraissés avec une ration composée d’ensilage d’herbe et concentrés. Cent vingt animaux ont été classés avant l’engraissement à partir de leurs biomarqueurs sanguins en deux lots : les plus efficients et les moins efficients. « On a distribué au lot des plus efficients une ration plus riche et au lot des moins efficients une ration moins riche, tout en maintenant la même proportion moyenne de concentré dans la ration globale », explique Gonzalo Cantalapiedra. Une économie d’environ 7 % sur la quantité de ration distribuée a pu être réalisée en moyenne par rapport à si tous avaient reçu la même ration. Les résultats du bilan économique et des émissions de gaz à effet de serre seront publiés prochainement.