Des indicateurs pour une bonne maîtrise de la reproduction en élevage allaitant

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L’impact de la fécondité sur la rentabilité globale en élevage allaitant est déterminant et sa maîtrise constitue un levier d’amélioration économique conséquent. C’est d’autant plus vrai cette année avec un effet probable des épisodes de canicule et dans un contexte de tension sur les fourrages.

Si les suivis de fécondité en troupeau laitier se sont largement développés, on constate que cela peine à se mettre en place en élevage allaitant. Les raisons sont multifactorielles : animaux au pâturage pendant la période estivale, moindre sensibilité des éleveurs à cette problématique…

Une efficacité de la reproduction à mesurer dans chaque élevage

Trois critères principaux permettent de caractériser l’efficacité de la reproduction des troupeaux allaitants :

- Un taux de gestation élevé

Le taux de gestation est le seul mode d’expression de la fertilité. Calculé sur une durée de 12 mois, variable suivant les troupeaux en fonction des périodes de vêlages, il est égal à la proportion de femelles pleines par rapport au nombre de femelles mises à la reproduction. La valeur seuil généralement retenue se situe à 92 % en charolais et 95 % en limousin.

- Un intervalle vêlage-vêlage (IVV) de l’ordre de 370 jours

L’intervalle moyen entre vêlages successifs est l’illustration la plus pratique de la fécondité d’une vache. La moyenne des IVV traduit la fécondité du troupeau, l’objectif étant d’avoir un IVV moyen de l’ordre de 370 jours, et un nombre limité de vaches à plus de 390 jours. Les indicateurs sur notre département sont inquiétants, avec un IVV moyen autour de 400 jours pour les vaches et de 440 jours pour les génisses.

- Un taux de mortalité des veaux avant 48 heures inférieur à 3 %

Le taux de mortalité des veaux avant 2 jours est un indicateur de mauvais choix du taureau, d’un état corporel de la mère insuffisant, d’un défaut de surveillance ou d’un problème sanitaire. Il est complété par le taux de mortalité au sevrage, idéalement de moins de 5 %. On observe malheureusement une dégradation globale de la situation, avec des données nationales alarmantes : 9,2 % en limousin, 9,7 % en charolais, 11,7 % en blonde d’Aquitaine. Les causes sont bien évidemment multifactorielles (changement climatique, alimentation, crises sanitaires, génétique, augmentation de la taille des cheptels…) mais l’impact économique est considérable.

Situer son cheptel et déterminer les éventuelles marges de progression

L’analyse des résultats d’un troupeau à partir des critères ci-dessus permet la quantification des pertes et le calcul du nombre de veaux sevrés par vache mise à la reproduction ou productivité numérique. Cela impliquera la recherche des facteurs de risques spécifiques à l’élevage et la mise en place d’un plan de prévention et de lutte adapté à chacun en fonction de ses objectifs. Avec le bilan sanitaire d’élevage prérempli proposé par GDS Creuse (téléchargeable avec WebGDS ou sur demande à GDS Creuse), pour les dates de campagne souhaitées, chacun dispose de ses données et peut faire son bilan reproduction (et sanitaire) et initier l’analyse correspondante, notamment avec son vétérinaire.

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Un impact économique important…

Le premier effet d’une bonne maîtrise de la reproduction s’évalue en nombre de veaux produits. N’oublions pas l’objectif cible, un veau sevré par vache et par an. Le seul fait de passer d’un (IVV) moyen de 370 jours à 380 jours sur 37 vaches équivaut à la perte d’un veau, même si le bon d’équarrissage n’est pas présent ! La productivité numérique, qui intègre cette notion d’IVV moyen associée aux taux de gestation et de mortalité, constitue une notion primordiale à connaître pour tout éleveur.

… accru en année de sécheresse

L’année 2026 aura été marquée par deux phénomènes majeurs, une sécheresse prolongée et des épisodes de canicule à répétition. Nourrir une vache improductive a un coût (2 € à 3 € par jour en fonction des systèmes), accru cette année du fait d’une disponibilité des ressources alimentaires très limitée. Par ailleurs, les rations à base de fourrage sont déséquilibrées et carencées, notamment sur une base paille. Les températures élevées ont nui à la libido des taureaux et entraîné un stress important sur les vaches, avec baisse de l’appétit, de la fertilité, moindre expression des chaleurs et hausse des avortements précoces. Plus que jamais, il est nécessaire d’identifier le plus rapidement possible les femelles improductives.

La maîtrise de la reproduction, une vigilance au quotidien…

Pour l’éleveur, cela passe par une phase quotidienne d’observation des animaux, pour identifier les vaches en chaleur et les noter, repérer d’éventuels avortements ou retours en chaleurs suite à gestation et identifier les vaches vides précocement pour les réformer. On peut également faire appel à l’échographie ou utiliser le dosage sanguin des Protéines Associées à la Gestation (PAG). GDS Creuse se propose de vous accompagner dans la démarche (cf. encadré).

… et un bilan annuel

La productivité numérique des cheptels allaitants est l’enjeu majeur de leur réussite économique. Si les indicateurs permettent d’identifier un problème, il convient ensuite d’en déterminer l’origine. Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter les articles de GDS Creuse sur “la reproduction”, vous rapprocher de votre vétérinaire ou des services de GDS Creuse.

Dr Boris Boubet

GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

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