« Nous injectons 75 000 mètres cubes de digestat liquide et de lisier par an avec notre automoteur d’épandage Vervaet à cinq roues motrices »

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Laurent Chantriaux, éleveur et trésorier de l’unité de méthanisation Le Gaz Vert de Remilly-Aillicourt dans les Ardennes, réalise 70 % des heures de conduite de l'automoteur d'épandage. Crédits : © U. Dubroeucq

Dans les Ardennes, l’unité de méthanisation Le Gaz Vert de Remilly-Aillicourt, créée par des éleveurs laitiers et des éleveurs de bovins viande, en est à son second automoteur d’épandage. Avec cet engin travaillant en chantiers décomposés, elle traite annuellement 75 000 mètres cubes d’effluents liquides, dont près d’un tiers en prestation.

« L’automoteur d’épandage est la solution la mieux adaptée à notre région particulièrement vallonnée. Avant l’acquisition en 2020 de notre premier modèle Vervaet, comme nous avons retenu d’emblée l’organisation en chantiers décomposés pour épandre le digestat liquide, nous avons étudié la faisabilité d’un ensemble tracteur et tonne à lisier dédié uniquement à l’épandage, mais cette combinaison manque de stabilité dans les champs en dévers. L’épandage sans tonne n’est pas non plus envisageable, car la surface moyenne des parcelles est limitée à 4-5 hectares et nous comptons beaucoup de haies et de chemins », affirme Laurent Chantriaux, éleveur et trésorier de l’unité de méthanisation Le Gaz Vert de Remilly-Aillicourt dans les Ardennes. Le volume d’effluents épandu s’élève à 75 000 mètres cubes par an, dont 30 000 mètres cubes en prestation. La surface fertilisée est d’environ 2 300 hectares.

<em class="placeholder">Automoteur d&#039;épandage de lisier Vervaet Hydro Trike 5x5 de l’unité de méthanisation Le Gaz Vert de Remilly-Allicourt dans les Ardennes</em>
L’automoteur Vervaet Hydro Trike 5x5 se caractérise par son unique roue avant directrice qui lui procure une grande maniabilité. © D. Laisney

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La charge répartie sur une grande largeur

Arrivé début 2024, l’Hydro Trike 5x5 est le deuxième automoteur Vervaet consécutif acheté par le groupe de sept agriculteurs – trois éleveurs de bovins viande et quatre producteurs laitiers – associés de l’unité de méthanisation d’une puissance de 235 normaux mètres cubes. Ce mastodonte développe 530 chevaux et embarque une cuve de 20 500 litres. Il se caractérise par son unique roue directrice avant de 100 cm de large et ses deux essieux arrière, équipés l’un de pneumatiques de 750 mm de large et l’autre en 1 050 mm. Le pont moteur chaussé en 750 mm présente la particularité d’être télescopique, afin de répartir la charge sur 4,50 mètres de large et de limiter le tassement des sols.

<em class="placeholder">Automoteur d&#039;épandage de lisier Vervaet Hydro Trike 5x5 au travail avec enfouisseur à disques</em>
L’automoteur d’épandage Hydro Trike 5x5 de Vervaet dispose d’un essieu intermédiaire télescopique chaussé de pneumatiques de 750 mm de large, qui permet de répartir la charge sur 4,50 mètres de large et garantit la stabilité dans les parcelles accidentées. © U. Dubroeucq

« Cet automoteur est très maniable avec sa roue avant pivotant à 90 degrés. Comme il fait demi-tour sur place, il faut faire attention à ne pas arracher le tapis végétal dans les prairies. Ses cinq roues motrices lui procurent une grande capacité de traction, permettant d’emmener sans difficulté l’enfouisseur à disques Volmer de six mètres de large ou l’injecteur prairie à disques Schuitemaker de 9,40 mètres, alors que nous avons des terres assez dures à travailler. L’Hydro Trike est aussi très stable, grâce à son essieu télescopique. Il est ainsi très sécurisant dans les parcelles accidentées et passe à des endroits inaccessibles en tracteur », précise Laurent Chantriaux, qui le conduit 70 % du temps.

<em class="placeholder">Automoteur Vervaet Hydro Trike et tonne de transfert de lisier Garant Kotte avec tracteur New Holland T7 Blue Power</em>
Doté d’une cuve de 20 500 litres, l’automoteur d’épandage Vervaet de l’unité de méthanisation Le Gaz Vert est ravitaillé en bout de champ par des citernes de transfert contenant 25 000 ou 26 000 litres. © U. Dubroeucq

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Jusqu’à cinq tonnes de transfert

L’activité de l’automoteur est assurée à 80 % par deux installations de méthanisation : celle de Le Gaz Vert pour la majeure partie et une autre unité située à 10 km de Remilly-Aillicourt. Les 20 % restants correspondent à de l’épandage de lisier chez des éleveurs. Jusqu’à cinq tonnes de transfert sont mobilisées pour les chantiers les plus éloignés (15 kilomètres). Ces citernes de transfert sont remplies par le dessus à l’unité de méthanisation, mais elles disposent d’une pompe pour reprendre le lisier dans les élevages. Elles sont chaussées de pneumatiques semi-routiers qui leur confèrent un bon comportement sur la route tout en respectant les chemins. Leur conduite des ensembles tracteur et tonne est assurée par des agriculteurs associés de la méthanisation ou par des autoentrepreneurs. « Nous sommes exigeants sur le respect de la réglementation routière. Certes, ces convois sont homologués 40 km/h, mais nous imposons de ne pas dépasser 35 km/h dans les bourgs. »

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Les ensembles tracteur et citerne de transfert sont conduits par des agriculteurs associés de l'unité de méthanisation Le Gaz Vert et par des autoentrepreneurs © U. Dubroeucq

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Des chantiers bien orchestrés

Sur les cinq citernes de transfert, deux contiennent 25 000 litres et trois emportent 26 000 litres. « Nous n’avons volontairement pas pris la même capacité que celle de l’Hydro Trike (20 500 litres) pour des raisons d’efficacité. Nous préférons décharger en deux temps : souvent 15 000 litres en premier, puis le reste lors du second transvasement. De plus, nous ne vidangeons pas systématiquement l’intégralité de la cuve du Vervaet à chaque fois, afin de ne pas tomber à sec en milieu de longueur. Nous évitons ainsi les allers-retours à vide dans la parcelle. Cela contribue également au respect des sols en limitant les passages. De notre expérience, nous obtenons le meilleur débit de chantier depuis que nous faisons l’appoint en bout de champ avant d’attaquer une nouvelle ligne. » L’organisation des chantiers décomposés est ainsi bien orchestrée. De surcroît, la circulation des citernes de transfert est optimisée : « Dès que nous entrons dans une parcelle, nous traçons la ligne A-B avec le GPS, puis épandons dans les pointes. Cela nous permet de calculer ensuite le volume nécessaire pour fertiliser la surface restante et d’acheminer le bon nombre de tonnes de transfert. »

<em class="placeholder">Automoteur Vervaet Hydro Trike et tonne de transfert de lisier Garant Kotte avec tracteur New Holland T7 Blue Power</em>
Pour les chantiers les plus éloignés, cinq tonnes de transfert (2 x 25 000 l et 3 x 26 000 l) assurent le ravitaillement de l’automoteur d’épandage. © U. Dubroeucq

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L’épandage raisonné par secteurs

Pour être le plus efficace possible, le planning d’épandage est raisonné par secteurs et non par agriculteur. Cette organisation limite les temps morts avec l’automoteur liés aux déplacements routiers. « Nous épandons 1 000 mètres cubes par jour, avec une moyenne de 85 mètres cubes par heure moteur de l’Hydro Trike. » Les associés de l’unité de méthanisation ont récemment signé pour renouveler l’automoteur actuel. Avec le prochain, qui arrivera début 2027, ils espèrent gagner en débit de chantier, grâce aux évolutions apportées par Vervaet sur sa dernière génération de machines. « La nouvelle pompe de transfert, délivrant 13 mètres cubes par minute contre neuf auparavant, devrait nous permettre de gagner 100 heures de travail, soit une capacité d’épandage supplémentaire de 8 500 mètres cubes. » Si Laurent Chantriaux communique le prix du prochain automoteur (700 000 euros), de l’injecteur prairie (80 000 euros) et de l’enfouisseur à disques (60 000 euros), il n’est pas en mesure de donner de chiffres précis pour le coût d’épandage au mètre cube. « Il est difficile de communiquer un tarif, car il est propre à chaque chantier. Il y a en effet de nombreux critères à prendre en compte, comme la distance depuis le lieu de stockage, la quantité apportée par hectare, l’outil d’épandage utilisé, le relief… »

En chiffres

7 élevages associés dans l’unité de méthanisation Le Gaz Vert d’une capacité 235 Nm3

700 000 euros seront investis en 2027 dans l’automoteur Vervaet Hydro Trike

75 000 m3 de digestat liquide et de lisier épandus par an

800 à 1 000 ha/an fertilisés avec l’enfouisseur à disques Volmer de 6 m

1 300 à 1 500 ha/an fertilisés par an avec l’injecteur prairie à disques Schuitemaker de 9,40 m

5 tonnes de transfert disponibles (2 x 25 000 l et 3 x 26 000 l)

« Grâce au digestat, j’ai divisé par trois mes achats d’engrais minéraux »

L’automoteur d’épandage Vervaet de l’unité de méthanisation le Gaz Vert de Remilly-Aillicourt (Ardennes) est équipé d’un capteur HarvestLab de John Deere analysant les valeurs fertilisantes du lisier. « En moyenne, le digestat liquide (7 à 8 % de matière sèche) contient, par mètre cube, 5,5 à 6 unités d’azote, 1,5 à 2 unités de phosphore et 5 à 6 unités de potassium », précise Laurent Chantriaux, agriculteur et associé de l’installation de méthanisation. Comme les apports sont réalisés avec des outils d’épandage (enfouisseur à disques ou injecteur prairie à disques), les pertes par volatilisation sont limitées. « Le digestat mérite d’être correctement valorisé. Il m’a permis de diviser par trois les achats d’engrais minéraux sur mon exploitation. Autre avantage : l’azote qu’il contient se divise pour moitié sous forme ammoniacale et moitié organique. Par conséquent, les cultures profitent à la fois d’un effet coup de fouet et d’une libération progressive des unités azotées. »

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