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Culture Viande : « Sans abattoir ni ateliers, il n’y a pas de valorisation de la production française »

Lors du congrès annuel de Culture viande, les industriels ont pointé leurs intérêts convergents avec ceux de l’élevage, en particulier en matière de viande bovine.

personnes sur une scène
Le congrès de Culture Viande s’est déroulé le 14 octobre dernier à Paris
© Bruno Carlhian

Sans surprise, la baisse drastique des abattages et l’envolée des prix de la viande ont dominé les débats du congrès de Culture Viande qui s’est tenu le 14 octobre dernier à Paris. « Notre modèle est à la croisée des chemins », a alerté Yves Fantou, le président de la fédération des entreprises du secteur, qui a pointé du doigt les conséquences de « l’effet ciseau » actuel sur l’équilibre économique des outils de transformation

« Notre modèle est à la croisée des chemins »

Depuis octobre 2024, 132 entreprises d’abattage, de découpe ou de transformation ont fermé leurs portes selon la Banque de France, a rappelé l’entrepreneur breton qui a appelé les élus, dans son discours de clôture, à renoncer à soutenir des projets locaux d’abattoir « sans avenir économique » de manière à préserver l’activité des sites existants.

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Des liens entre abattoirs et éleveurs qui se resserrent

Le congrès a ainsi montré l’évolution sensible des rapports entre le « milieu de filière » et son amont agricole. Les industriels, soucieux de faire tourner à plein leurs outils « n’ont jamais porté autant d’intérêt à la ferme France », relève Yves Fantou, selon qui « les maillons de la filière se resserrent ». 

« Nos interlocuteurs, pour se projeter dans l’avenir, ce sont prioritairement les abattoirs où partent nos animaux »

Les éleveurs quant à eux, savent que « sans abattoir ni ateliers, il n’y a pas de valorisation de la production française », a souligné Ludovic Paccard, directeur général de Tradival (Sicarev) et président délégué de Culture Viande. « Nos interlocuteurs, pour se projeter dans l’avenir, ce sont prioritairement les abattoirs où partent nos animaux », a confirmé Emmanuel Bernard, le président de la section bovine d’Interbev.

Lire aussi : « Nous devons nous adapter industriellement au recul des cheptels » pour le DG d'Akiolis

Une implication croissante dans l’amont

Les entreprises ont ainsi tendance à s’impliquer de plus en plus dans l’élevage. « Cela se traduit par le développement de contrats avec des prix garantis, notamment en jeunes bovins, des engagements sur la génétique pour répondre à la demande de nos clients ou par des initiatives innovantes sur des maternités collectives », a détaillé Ludovic Paccard, de Tradival. De nouveaux circuits voient également le jour avec des veaux laitiers croisés adressés à des « sevreurs » avant d’être engraissés, des contrats tripartites associant engraisseurs, abatteurs et distributeurs, de façon à lisser les abattages. « En veaux de boucherie, des entreprises investissent également massivement dans des ateliers. Mais seules elles n’arriveront pas à relancer l’élevage. Il faut une implication des partenaires financiers », a estimé Ludovic Paccard.

Lire aussi : La barre des 8 €/kg frôlée par le veau de boucherie rosé clair O

Renationaliser l’engraissement, garder les femelles

Mais cette logique de maintien de la production en France « doit aller plus loin », avait estimé la veille Yves Fantou, lors d’une conférence de presse. « On doit cesser de se tirer une balle dans le pied et limiter les exportations de femelles vivantes qui amputent nos capacités de production futures », avait-il exprimé. 

« On doit (...) limiter les exportations de femelles vivantes »

Dans un contexte de prix favorable aux producteurs, « l’équation du prix reste cependant déterminante », a estimé Emmanuel Bernard, lui-même éleveur dans la Nièvre. « Il faut favoriser la contractualisation sur plusieurs années pour conserver l’engraissement en France. En jeunes bovins à viande, cela a fonctionné. » 

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