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Aviculture
Quelles perspectives pour le marché européen de la volaille en 2021 ?

Entre fermeture des débouchés de la restauration hors domicile, propagation de l’influenza aviaire et hausse des coûts des matières premières, les indicateurs sont au rouge sur le marché de la volaille en Europe.

Les indicateurs sont au rouge sur le marché de la volaille en Europe. © Capri23auto de Pixabay
© Capri23auto de Pixabay

« Devrait-on s’attendre à une amplification des défis sur le marché de la volaille cette année ? » s’interrogeait François Cadudal, directeur du pôle économie de l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) lors du webinaire sur le marché de la volaille en France et dans le monde, le 25 mars.

La souche très virulente de l’influenza aviaire continue de se propager dans plusieurs grands bassins européens producteurs de volailles. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la production et le commerce extérieur. Depuis fin 2020, près de 760 foyers d’influenza aviaire ont été détectés dans les élevages en Europe, dont 480 en France, essentiellement dans le Sud-Ouest, 120 cas en Allemagne, qui touchent principalement les exploitations de dindes et 70 foyers en Pologne dans des élevages de dindes et de poules pondeuses.

Baisse de la production européenne en 2021

Par suite, l’Itavi prévoit une production de dindes en baisse de 12 % en Europe (hors France) au premier trimestre 2021, avec notamment une forte baisse de la production en Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Pologne). La production de dindes serait aussi en repli dans le Sud, notamment en Espagne et en Italie où le marché reste largement approvisionné. En France, une réduction de 10 % de la production est à prévoir au premier semestre.

La flambée des prix des matières premières et des autres intrants devrait aussi se poursuivre en 2021, probablement sur plusieurs trimestres. En parallèle, la revalorisation de la viande de volaille sur le marché européen ne permet pas de compenser cette forte hausse des intrants. En effet, l’offre de viande de volaille sur le marché communautaire demeure bien fournie et fait pression sur les prix. D’ailleurs, les pays de l’Europe de l’Est, notamment la Pologne et la Roumanie, pratiquent des tarifs très compétitifs.

La Pologne s’enlise dans la crise

La Pologne a été le seul moteur de croissance de la production de viande de volaille au sein de l’UE en 2020, avec une hausse de 4 % sur un an. Jusqu’au dernier trimestre 2020, l’industrie polonaise, qui reste très orientée à l’exportation, a beaucoup investi pour accroître ses capacités de production. Depuis, elle a vu un net ralentissement de sa production.

« Les opérateurs polonais ont perdu une grande partie de leurs débouchés, car ils n’avaient plus accès au marché européen de la restauration hors domicile », explique François Cadudal. Or la progression du variant anglais de la Covid-19 en Europe pèse sur le secteur de la RHD, et ce, probablement jusqu'à fin juin 2021. S’ajoute à cela des prix pratiqués extrêmement bas, une forte hausse des coûts des matières premières et d’importants stocks à écouler en congelé en raison de la fermeture des débouchés sur le marché du grand export. Ainsi, la production de poulets dans l’UE-27 (hors France) devrait reculer de l’ordre de 5 à 10 % au début de 2021, selon l’Itavi. L’Hexagone devrait, quant à elle, suivre la même tendance baissière d’environ 7 % sur la même période.

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