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Porc : pourquoi l’Europe est mal placée sur le marché mondial en 2026

Sur la scène internationale, le marché porcin européen est en retrait par rapport aux autres grands exportateurs mondiaux comme le Brésil. Entre pertes de parts de marché à l’export et ralentissement de la production, les derniers rapports de l’USDA et de Rabobank dressent des perspectives peu favorables pour 2026 pour le porc européen. 

Cochons en élevage
Le marché européen reste saturé en porc
© Valentin Ragot

La production porcine européenne est attendue en recul de 1 % en 2026 dans l’Union européenne, à 21,7 millions de tonnes. Une évolution à contre-courant de la production mondiale, prévue en hausse de 1 % cette année, à 120,2 millions de tonnes, grâce à l’augmentation des volumes aux États-Unis, au Brésil, en Chine et au Canada, selon l’USDA.

 

Prévision de production porcine en 2026 dans les principaux marchés (Diagramme en barres)

L’Europe freine sa production de porc

L’offre porcine des 27 pays de l’UE et du Royaume-Uni a progressé de 3,8 % en 2025, rapporte la Rabobank.  Mais depuis le début de l’année, le marché européen entre dans une phase de ralentissement, avec un recul de production porcine de 2 % en janvier 2026 par rapport à janvier 2025.

Un marché européen saturé en porc

Le cheptel de truies de l’Union européenne a progressé de 0,6 % en 2025 par rapport à 2024 selon Eurostat. Les effectifs ont augmenté au Danemark (+3 %), en Espagne (+3 %), en Pologne (+3 %), en Italie (+1 %) et en Allemagne (+1 %). En revanche, ils ont reculé aux Pays-Bas (-5 %), en Belgique (-2 %) et en France (-2 %).

Combinée à une amélioration des performances techniques et aux restrictions commerciales liées à la peste porcine africaine (PPA) dans certains pays, cette hausse du cheptel a contribué une surabondance de l’offre sur le marché européen et à et à de fortes baisses de prix depuis fin 2025.

Le conflit au Moyen-Orient ravive les tensions sur les coûts

Dans ce contexte tendu, la guerre au Moyen-Orient accroît les inquiétudes sur les coûts de production. Les marchés à terme des matières premières agricoles ont légèrement progressé ces dernières semaines. Les prix des engrais se sont fortement renchérit et la flambée des prix de l’énergie va se répercuter sur le transport et les aliments du bétail au cours de cette année. 

Le risque d’une remontée des coûts intervient à un moment délicat pour les producteurs européens, déjà confrontés à un marché moins rémunérateur.

Lire aussi :Agroalimentaire : États-Unis, Chine, Moyen-Orient, les exportations françaises à la merci de la géopolitique 

L’Espagne reste sous surveillance de peste porcine africaine

La découverte de cas de peste porcine africaine (PPA) en novembre 2025, dans la faune sauvage en Espagne, continue de peser sur les exportations espagnoles. Plusieurs marchés tiers à l’international ont instauré des embargos sanitaires en l’encontre de l’envoi de porc espagnol. Cette situation réduit les débouchés disponibles et pourrait inciter une partie des producteurs européens à réduire leurs cheptels.

Des flux d’exportation européens en recomposition

Les exportations de viande porcine de l’UE et du Royaume-Uni ont été quasiment stables en janvier 2026 (-0,6 %). Mais les destinations en ont évolué.  Le repli est plus marqué pour les exportations de produits porcins destinés à la Chine, en baisse de 23 %, les Philippines chutent de 22 % et le Japon recule de 29 %. En revanche, d’autres débouchés asiatiques progressent fortement, c’est le cas de la Corée du Sud en hausse de 59 % et du Vietnam qui monte de 95,6 %.

Top 6 des destinations d'exportation du porc européen ( en milliers de tonnes)
PaysJanvier - Janvier 2025Janvier - Janvier 2026Variation
Chine10678-26,40%
Royaume Uni7370-4,20%
Corée du sud233761,60%
Philippines3122-27,20%
Japon2720-27,20%
Vietnam111980,20%

Pékin réduit ses importations de porc

La faiblesse persistante de la demande chinoise continue de peser sur l’équilibre mondial. Les importations du pays ont diminué de 19 % sur les deux premiers mois de 2026. Les achats de viande porcine ont chuté de 34 %, tandis que les importations de sous-produits ont reculé de 3 %. Les volumes en provenance de l’Union européenne ont baissé de 26 %, notamment sous l’effet des droits antidumping imposés par Pékin.

Cette régression des importations chinoises dépasse le cadre européen. Selon Rabobank, les importations de produits porcins en provenance des États-Unis ont également chuté de 48 %, pénalisés par les tensions commerciales entre les deux pays. Les expéditions issues du Brésil ont également diminué de 63 % sur ces deux premiers mois de 2026 à cause de prix relativement élevés et de la demande croissante de d’autres marchés.

La Chine compte réduire son cheptel porcin

D’après les prévisions de l’USDA, la production porcine chinoise devrait néanmoins progresser légèrement en 2026, à 59,5 millions de tonnes, soutenue par l’amélioration du nombre de porcelets par portée. Cette évolution devrait augmenter les abattages, malgré des poids moyens légèrement inférieurs. Par ailleurs, les autorités chinoises poursuivent leurs efforts de rationalisation du cheptel porcin. Après une réduction d’un million de truies en 2025, Pékin vise désormais un cheptel de 36,5 millions de truies.

Lire aussi : Porc : « à Cooperl, nous nous attendons à doubler nos volumes exportés vers les Philippines en 2026 » 

Le porc brésilien fait concurrence à l’UE

Les exportations brésiliennes de porc ont progressé de 10 % sur les deux premiers mois de 2026. Les volumes ont bondi de 84 % vers les Philippines et de 46 % vers le Japon, deux marchés stratégiques pour l’Europe.

Selon l’USDA, les exportations brésiliennes pourraient encore croître de 7 % sur l’ensemble de l’année, soutenues par l’ouverture de nouveaux marchés et par la forte compétitivité de prix du porc brésilien face aux autres grands exportateurs.

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