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Poulet : « On réduit les importations depuis l’Ukraine, même si cela reste au-dessus des niveaux d’avant-guerre »

Ces dernières années, l’Europe a massivement importé de la volaille ukrainienne, surtout depuis la libéralisation des échanges. La révision de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine qui entre en vigueur ce 29 octobre plafonne davantage ces volumes. L’interprofession Anvol se réjouit de ces nouveaux quotas, mais s’inquiète toutefois de l’implantation en Europe du modèle de production intensif du géant MHP.

L’Ukraine est le sixième exportateur mondial de viande de poulet
© Armelle Puybasset

L’Union européenne a adopté, le 4 juillet dernier de nouvelles mesures encadrant les importations ukrainiennes de viande de volaille pour l’année 2026. Un quota d’importation de 120 000 tonnes pour la volaille sera appliqué au le 1er janvier 2026. « Ce quota dépasse de 30 000 tonnes celui avant-guerre » commente Yann Nédelec, le directeur de l’interprofession Anvol. 

Lire aussi : Importations ukrainiennes : la révision de l’accord d’association franchit une première étape

Des importations de volailles ukrainiennes déjà encadrées

De même, plus tôt, au 22 mai, des premières mesures de limitation des importations de poulet ukrainien avaient été adoptées par la Commission européenne. Les quantités maximales d’importations venant d’Ukraine avaient été plafonnées à 52 500 tonnes pour la période du 6 juin au le 31 décembre 2025 par l’UE. Ce contingent a été ajouté aux 57 000 tonnes déjà exportées par l’Ukraine du 1er janvier au 05 juin, soit une quantité maximale pour l’année 2025 de 109 500 tonnes de volaille importable d’Ukraine. 

Lire aussi : Volailles : l’origine France se renforce dans les rayons 

Des filières volaille inquiètes

« Si on voit le verre à moitié plein, c’est plutôt positif. On réduit les importations depuis l’Ukraine, même si cela reste au-dessus des niveaux d’avant-guerre », affirme Yann Nedelec. Ce dernier commente également que « les messages portés par la filière française et européenne ont, dans une certaine mesure, été entendus. Mais nous ne sommes pas complètement satisfaits. »

 «Les messages portés par la filière française et européenne ont, dans une certaine mesure, été entendus. »

En effet, la filière volaille de chair, avait dénoncé les importations massives de volailles ukrainiennes sur la période 2023 -2024, causées par une entière libéralisation depuis l’année 2022, en soutien économique au pays, en guerre contre la Russie. Ce qui a entraîné des importations qui sont montées jusqu’à 230 000 tec en 2023.

« On estime que les faveurs à l’Ukraine étaient en défaveur de la filière volaille de chair européenne, il faut un équilibre » précise le directeur d’Anvol. Alors que plus tôt en 2021, les quotas étaient de 90 000 tonnes, même si les filets et manchons n’étaient pas plafonnés. 

 

Un modèle de production ukrainien très différent 

Anvol rappelle qu’on importe des productions qui ne respectent pas les valeurs de production française, qui respectent le bien-être animal, et un certain nombre de réglementations environnementales et sanitaires. 

L’interprofession rappelle également que la majorité des volailles importées d’Ukraine proviennent d’une seule entreprise, qui est MHP. Son modèle de production de type ferme usine, concentre sur un même site entre deux et trois millions de volailles, contre une moyenne de 40 000 dans les élevages français.
Les activités de MHP s’étendent désormais en Europe, avec des sites de production en Slovaquie et bientôt en Espagne. « Le risque d’importer un modèle de production intensif, de type ferme-usine, reste bien réel », alerte Yann Nedelec.

Lire aussi :Volaille : où l’Ukraine dirige-t-elle ses exportations en 2025 ? 

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