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Volailles : les 3 principales préoccupations des opérateurs

L’assemblée générale de l’interprofession Anvol a été l’occasion de faire une rétrospective sur l’année 2024 et de débattre sur l’avenir de la production de volailles en France autour d’une table ronde de professionnels de la filière. Parmi les préoccupations des opérateurs, la volatilité du marché de l’alimentation animale, la difficulté à construire des bâtiments mais aussi l'Ukraine et le Mercosur.

les acteurs de la filière volaille de chair à Angers
Réunis à Angers pour leur assemblée générale, les acteurs de la filière volaille de chair ont débattu sur une question cruciale : comment répondre aux attentes sociétales de demain ?
© Catherine Takougang

La volaille était la viande la plus consommée en France en 2024. « Malgré la hausse de la consommation, les importations couvrent une part trop importante de l’offre », déplore néanmoins Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession Anvol. 

« Malgré la hausse de la consommation, les importations couvrent une part trop importante de l’offre »

Un bilan 2024 encourageant pour la filière volaille

Le marché de la volaille est largement tiré par la demande en poulet standard, considéré comme le moteur de la croissance. « Il faut accompagner la production de cette volaille du quotidien », soutient Jean-Michel Schaeffer durant son discours.

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Ce dernier s’est aussi réjoui de la fin de la crise de l’influenza aviaire et la prise de conscience croissante des citoyens sur l’importance de consommer local. Il a salué aussi la baisse des volumes de poulet importés depuis l’Ukraine

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La volaille, première viande consommée dans le monde

« Le contexte mondial explique la situation que nous vivons en France », souligne François Cadudal. Les données internationales confirment la position dominante de la volaille dans les habitudes alimentaires. Depuis dix ans, elle est la viande la plus consommée au monde, avec une moyenne de 18,4 kg par habitant. En Europe, bien que la consommation globale de viande soit en légère baisse (-0,8 %), celle de poulet continue de progresser (+2,6 % entre 2020 et 2024). 

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Une alimentation animale encore trop dépendante 

La table ronde fut l’occasion d’évoquer les préoccupations des opérateurs, notamment la dépendance de l’alimentation animale aux facteurs extérieurs. 

« La guerre commerciale actuelle contribue à la volatilité du prix des grains. »

« La guerre commerciale actuelle contribue à la volatilité du prix des grains. Or une part importante de l’approvisionnement européen provient des États-Unis » déclare Corentin Biardeau ingénieur au Shift project, qui alerte aussi sur les risques énergétiques : « la facilité de production de volaille aujourd’hui est liée à l’abondance énergétique, mais cette facilité ne durera pas si on reste dépendant des énergies fossiles ». Il ajoute que « miser sur les coproduits agricoles pour l’alimentation animale s’impose et permettrait de réduire les émissions de GES de la filière et de s’assurer d’un cercle vertueux de production ». 

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La construction de bâtiments reste un combat difficile 

De plus, les projets d’agrandissement ou de construction de bâtiments d’élevage rencontrent encore des résistances sur le terrain. Un éleveur de volaille dénonce une perception datée du métier d’éleveur par les concitoyens et dans les médias : « On nous renvoie encore l’image d’une aviculture de basse-cour, une vision qui ne correspond plus à la réalité actuelle » décrit-il.  Pour accompagner les investissements agricoles, le Crédit Agricole a annoncé un plan financier de 2,3 milliards d’euros, notamment pour les projets de construction de bâtiments agricoles. 

« On nous renvoie encore l’image d’une aviculture de basse-cour, une vision qui ne correspond plus à la réalité actuelle »

Mercosur et Ukraine restent inquiétants

La perspective d’un accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qui semble obtenir actuellement plus de soutien pour peser face à Donald Trump, inquiète. À ce jour, le Brésil détient déjà 45 % du contingent d’importation européen de volailles, soit 357 000 tonnes sur un total de 771 000 tonnes. « Une extension de ce contingent de 180 000 tonnes supplémentaires pour les pays du Mercosur, dont le Brésil, viendrait accentuer la pression sur le marché européen et accroître sa volatilité » alerte François Cadudal, agroéconomiste chez Gira Foods.

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En conclusion de l’assemblée générale, Jean-Michel Schaeffer prévient des potentiels dégâts de l’arrivée prochaine en Espagne du groupe MHP, géant ukrainien de la volaille, ce qui pourrait accentuer les déséquilibres sur le marché européen. Il appelle à une mobilisation des pouvoirs publics et à une co-construction de solutions avec les interprofessions afin de maintenir la souveraineté alimentaire de la France.

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