Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan
Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir l’inflation sur le marché intérieur pendant le Ramadan. Elle inquiète toutefois les exportateurs. Ils redoutent de perdre des parts de marché sur leurs principaux débouchés extérieurs.
Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir l’inflation sur le marché intérieur pendant le Ramadan. Elle inquiète toutefois les exportateurs. Ils redoutent de perdre des parts de marché sur leurs principaux débouchés extérieurs.
Ce 9 février, le ministère du Commerce de Turquie a annoncé la suspension des exportations de produits avicoles. Selon l’USDA, cette décision suscite de vives préoccupations au sein de la filière. Aucune date de fin officielle n’a été communiquée, mais la mesure devrait rester en vigueur jusqu’à la fin du Ramadan, autour du 20 mars 2026. Ces restrictions temporaires sont récurrentes à l’approche du Ramadan.
Des restrictions pour contenir l’inflation sur les volailles
Le ministère justifie sa décision par la volonté de protéger le pouvoir d’achat les consommateurs turcs pénalisés par les pratiques spéculatives sur les prix des volailles. Les distributeurs et producteurs anticipaient déjà des hausses de consommation de volailles pour la période du Ramadan, et avaient déjà appliqué des hausses tarifaires supérieures à 15 % sur le prix des volailles.
La consommation en volailles progresse au détriment des viandes rouges
Historiquement la demande de viande rouge progressait durant la période du Ramadan. Toutefois, la flambée des prix de ces viandes modifie les habitudes alimentaires. Désormais le poulet s’impose comme une alternative plus abordable et remplace progressive la viande rouge sur les tables turques. En effet, un kilo de viande rouge s’affiche à 1 190 livres turques (environ 25 €), contre 280 livres turques (près de 6 €) pour le poulet en grande distribution.
Lire aussi : Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026
La filière volaille turque fragilisée par la suspension des exportations
En 2025, les principales destinations des produits avicoles turques étaient l’Irak, la Syrie et les Émirats arabes unis, pour une valeur totale de plus de 435 millions d’euros.
La suspension des ventes à l’étranger crée une forte incertitude pour la filière. De nombreux opérateurs dépendent des débouchés extérieurs pour assurer leur rentabilité annuelle. Les précédentes restrictions avaient déjà entraîné des pertes de parts de marché dans des destinations clés, perturbant la planification de la production, les volumes d’abattage et les achats d’aliments pour animaux.
Des concurrents prêts à saisir l’opportunité
La Turquie se trouve en concurrence directe avec les exportateurs américains sur plusieurs marchés, notamment au Ghana, au Vietnam et aux Émirats arabes unis. En 2025, les États-Unis y ont expédié près de 276 millions d’euros (300 millions de dollars) de viande de volaille. La suspension turque pourrait leur permettre de renforcer leur présence et de se positionner comme des fournisseurs plus fiables.
L’Union européenne est également active sur ces débouchés, avec environ 238 000 tonnes de poulet exportées. Elle pourrait, elle aussi, profiter de l’absence temporaire de l’offre turque pour consolider sa clientèle à l’international.