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Législation
Un rapport propose de revoir le label EPV                

Le député LREM Philippe Huppé propose dans un rapport au Premier ministre de revoir les critères d’attribution du label EPV et de refondre l’animation du dispositif pour le rendre plus efficace. Explications.

Philippe Huppé, deuxième à gauche, remettant son rapport à Agnès Pannier-Runacher, sécrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire.

Le 10 mai Philippe Huppé, député LREM de l’Hérault, a présenté son rapport « France, métiers d’excellence » remis un mois plus tôt au Premier ministre Edouard Philippe. Un rapport qui prône création d’un opérateur unique de l’Etat sous la forme d’un groupement économique (GIE) pour la préservation et le développement des savoir-faire d’excellence qui allierait les compétences de l’Institut supérieur des métiers (ISM) et de l’Institut national des métiers d’art (INMA). Selon nos informations, la fusion de ces deux organismes est bien actée mais sa mise en œuvre n’est pas encore totalement définie. Cette fusion aura des conséquences sur le personnel de l’ISM, qui compte 19 personnes dont 7 personnes se consacrant au label EPV, et sur le délai d’obtention du label.

Parmi les 21 autres suggestions adressées au chef du gouvernement, d’autres mesures concernent aussi directement le label EPV. Un séminaire de travail réunissant l’ensemble des acteurs concernés devrait prochainement en discuter. 

Rendre les critères plus exigeants

Philippe Huppé propose entre autres de faire évoluer le dispositif EPV « grâce à une révision des critères d’attribution du label et à une refonte de l’animation du dispositif, notamment au sein des territoires ». Parmi les pistes d’évolution possible : reconnaître davantage le rôle des EPV dans la transmission des savoir-faire d’excellence et rendre plus exigeants les critères qui s’y rapportent ; instaurer le principe qu’une part significative du chiffre d’affaires doit résulter directement de la mise en œuvre d’un savoir-faire rare ou d’excellence ; inciter les EPV et les candidats au label à l’adoption de démarches d’innovation, à travers une politique numérique notamment ou encore renforcer les liens entre les EPV et leur territoire, par l’adoption de critères relatifs à la RSE et l’entreprise à mission. Le rapport estime quele nouveau cadre réglementaire « pourrait également prévoir la possibilité de retirer, avant l’expiration des 5 ans, le label à une entreprise qui ne respecterait manifestement plus les critères d’attribution ou ne correspondrait plus aux évaluations attendues pour se maintenir à ce niveau d’excellence ». 

Un manque de visibilité, source de déception

Philippe Huppé écrit par ailleurs que malgré « le caractère exceptionnel du label EPV » salué par l’ensemble des personnes auditées, « beaucoup déplorent un manque de visibilité tant sur le plan national qu’international, souvent source de déception par rapport à l’impact attendu de ce label sur leur activité ». Et d’estimer que le dispositif pourrait « être sensiblement amélioré au travers d’opérations de marketing plus efficaces ». Une mission qui ne doit pas « nécessairement être financée par l’Etat », écrit le député, selon qui les entreprises reconnues devraient être davantage impliquées dans les actions de promotion du label. « Aussi, il paraît plus judicieux de confier le dispositif d’animation de la communication autour du label à l’association nationale des EPV, en liaison avec les associations régionales qui sont en cours de création », poursuit-il. Et de montrer en exemple l’association régionale des EPV normandes ou encore de Centre-Val-de-Loire.

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