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Turquie : Quelle stratégie face à la crise de la filière bovine

Le ministère de l’Agriculture turc veut relancer l’élevage bovin, avec des accents mis sur la génétique et la sécurité sanitaire. 

drapeau turc
La Turquie est le deuxième importateur d’animaux vivants au monde, derrière les Etats-Unis
© Image by Hüseyin Sevgi from Pixabay

Le ministre de l’Agriculture turc a présenté la stratégie 2024-2028 du pays pour sa filière bovine en début d’année, et l’USDA s’en fait écho dans une note publiée cette semaine. La Turquie s’est enlisée ces derniers mois dans une crise bovine. La chute des prix du lait alors que les coûts de production étaient élevés a engendré des réformes massives de vaches, puis, en conséquence, un manque d’animaux à abattre. La Turquie a importé 751 000 bovins vifs en 2023, c’est 5,6 fois plus qu’en 2022, dont 657 000 animaux d’engraissement, ainsi que 64 000 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande bovine selon l’Idele. Des chiffres qui ont continué de croître cette année.

Lire aussi : Bovins : La Turquie met en place des quotas d'importation pour 2024

Une forte demande en viande en Turquie

La Turquie fait face à une inflation galopante, puisque les prix alimentaires ont bondi de 70 % entre mai 2023 et mai 2024, rappelle l’USDA, les prix de la viande affichant une hausse de l’ordre de 43 %. La Turquie doit nourrir ses 85 millions d’habitants mais aussi plusieurs millions de touristes (57 millions espérés en 2028). 

Lire aussi : Bovins : qui a profité de la réouverture du marché turc ?

Développer les aides aux productions animales

Parmi les mesures annoncées par Ibrahim Yumakli, le ministre de l’Agriculture, des aides qui seront versées pour chaque agneau et chevreau déclaré et vacciné, alors que seuls les veaux étaient concernés par les aides précédentes. Les agricultrices bénéficieront aussi d’aides supplémentaires, qui peuvent être jusqu’à quatre fois plus élevés que celles proposées aux agriculteurs. L’accent est aussi mis sur l’insémination artificielle, le sexage des semences pour obtenir davantage de femelles et la génétique. 

Lutter contre les épizooties

De nombreuses aides sont conditionnées à des conditions sanitaires. Le gouvernement veut créer des zones indemnes de plusieurs maladies du bétail, notamment en vaccinant contre la PPR (peste des petits ruminants), la clavelée et la variole caprine sur des fonds publics. 

Des aides turques et européennes

En 2024, ce sont plus de 540 millions d’euros qui devraient être versés aux éleveurs turcs par l’état, que ce soit issu du budget national ou d’aides du fond européen de l’instrument d’aide de préadhésion (IAP). Chaque année entre 2024 à 2027, la Turquie recevra 75 millions d’euros au titre de l’aide au développement rural des pays qui sont entrés dans un processus d’adhésion à l’UE. 

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