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Traitement GLP-1 : « Ces médicaments sont une opportunité pour les fabricants de plats préparés, de produits laitiers… »

Aux États-Unis, les traitements anti-obésité à base de GLP-1, comme Ozempic ou Wegovy, modifient profondément le comportement alimentaire des utilisateurs. Les premiers effets sont déjà visibles dans l’offre agroalimentaire. En France, le phénomène reste plus encadré, mais les signaux d’évolution se multiplient.

Dame consommant du Glp1
La consommation en produits transformés des utilisateurs de Glp-1 se réduit durant leur traitement.
© Généré par l'IA

Les médicaments GLP-1 (glucagon-like peptide-1), tels que Ozempic et Wegovy, prescrits pour le traitement du diabète et de l’obésité, gagnent en notoriété auprès du public français. Selon Nielsen IQ, 77 % des Français en ont déjà entendu parler.

Lire aussi : Vieillissement de la population : quel impact pour la consommation alimentaire ?

Pour autant, l’hypothèse d’un « raz-de-marée » comparable à celui observé aux États-Unis semble peu probable à court terme. « Le marché des médicaments est beaucoup plus réglementé en France », souligne David Lecomte, directeur Insight consommateur chez Nielsen IQ. L’accès au traitement ici, reste conditionné à une prescription médicale uniquement destinée aux patients diabétiques ou en situation d’obésité. 

Les traitements GLP-1 se fondent une place en France

Le nombre de personnes en surpoids ou en obésité progresse en France. 14 % des 15- 24 ans sont en surpoids voir obèses. Un terrain favorable à, ces médicaments, d’autant plus que la législation a évoluée sur les prescriptions, qui peuvent désormais être faites par des médecins généralistes. 

Lire aussi : Alimentaire : comment consomme la Gen Z ? 

D'après les analystes de Nielsen IQ, environ 9 % des Français déclarent utiliser ou avoir déjà utilisé un traitement GLP-1, soit plusieurs centaines de milliers de foyers. D’ailleurs ces derniers indiquent être tout à fait disposés à reprendre ces médicaments s’il leur était à nouveau prescrit. 

Aux États-Unis, l’impact est déjà visible sur les achats alimentaires

Aux États-Unis, un Américain sur huit a déjà utilisé un médicament GLP-1. Ces traitements réduisent l’appétit et ralentissent la digestion, ce qui influence fortement le comportement d’achat des utilisateurs.

Concrètement, leurs effets se traduisent par une diminution des portions consommées, mais aussi par un rééquilibrage nutritionnel. Les consommateurs ont tendance à baisser leurs apports en sucres, en graisses saturées et en alcool, et à accroitre les apports en protéines, fibres, vitamines et minéraux. Dans ce contexte, plusieurs tendances de marché se dessinent. Les utilisateurs de GLP-1 privilégient des aliments faciles à digérer, riches en protéines et à forte densité nutritionnelle. Les catégories liées au confort digestif connaissent une envolée spectaculaire : les ventes probiotiques ont progressé de 199 % et les aides à la digestion de 43 % sur un an. 

Lire aussi : Traitement contre l’obésité : les habitudes de consommation changent aux États-Unis, où en est-on en France ? 

Des arbitrages alimentaires marqués chez les Américains utilisant le Glp1

« Les changements de comportement peuvent être assez drastiques », observent les analystes de NielsenIQ. Aux États-Unis, les achats de chips reculent de 13 % chez les consommateurs sous GLP-1 depuis plus de 180 jours. Au global les achats de produits transformés reculent de 4 %.

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 À l’inverse, les achats de viandes séchées progressent de 31 %. Les boissons « zéro calories » et « diet » enregistrent une croissance soutenue. Les snacks perçus comme plus sains tel que les fruits, boissons à base de fruits et les produits laitiers résistent mieux, voire progressent. 

Certains effets secondaires du médicament influencent également les comportements de consommation. Des utilisateurs d’Ozempic évoquent un goût métallique persistant en bouche, ce qui stimule les ventes de confiseries de poche, notamment les chewing-gums en hausse de 19 % chez les utilisateurs, alors qu’ils reculent chez les non-consommateurs.

L’offre en restauration s’adapte progressivement

Certaines enseignes commencent à intégrer ces nouvelles attentes des consommateurs.  C’est le cas de Smoothie King qui a lancé un menu spécifique GLP-1, composé de smoothies enrichis en protéines et en fibres, sans sucre ajouté. L’initiative reste pour l’instant ciblée, et réduite à 6 % des clients de l’enseigne. Ces acheteurs ciblés sont majoritairement des femmes âgées de moins de 44 ans.

Une tendance de consommation pérenne ? 

Certains analystes observent une tendance de rebond des produits « plaisir » à l’arrêt du traitement, ce qui pourrait limiter l’impact structurel à long terme de la consommation type GLP-1. Mais une chose est certaine, le GLP-1 ne se limite plus au champ médical. Il devient davantage un facteur à surveiller de près pour l’ensemble des acteurs de la production alimentaire. « Ces médicaments sont une opportunité pour les fabricants de plats préparés, produits laitiers, boissons et produits naturellement enrichis » conclut David  Lecomte.

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