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Consommation
Pourquoi certains Français veulent consommer moins de viande

Pour sa santé, pour faire des économies, pour la planète, pour des raisons éthiques, les motivations pour diminuer la consommation de viande sont diverses, tout comme les façons de compenser ses apports en protéines.

Article initialement publié dans Viande Magazine

Les mots qui viennent à l’esprit des Français quand on leur parle de viande ? “Bon”, “protéines", “qualité”, “élevage”, selon une étude Harris Interactive pour le réseau action climat France, réalisée en février 2021 auprès de 1 063 personnes représentatives des Français de 18 ans et plus. La consommation de viande reste donc associée à des idées positives, il s’agit d’un aliment bon, source de protéines, et les Français l’apprécient. Pour autant, nombreux sont ceux qui cherchent à faire évoluer leur consommation. Ainsi 48 % des répondants ont déclaré consommer moins de viande qu’il y a trois ans, contre seulement 41 % qui ont maintenu leur consommation. Cette baisse de consommation est surtout le fait des femmes puisque 55 % d’entre elles ont diminué leur consommation.

55 % des femmes ont diminué leur consommation de viande

Il n’en reste pas moins qu’un tiers des Français mange encore de la viande tous les jours. Et ceux qui en consomment le plus fréquemment sont les 18-24 ans, puisqu’ils sont 45 % à l’inscrire à leur menu quotidien. Le pourcentage des Français en consomment au moins une fois par semaine reste appréciable : 89 %. Seulement 3 % n’en mangent jamais.

Pour la planète plus que pour le porte-monnaie

Les motifs de diminution de la consommation de viande sont de deux ordres : ils relèvent d’enjeux personnels (préserver sa santé, faire des économies) ou sociétaux (l’environnement, le bien-être animal). Ainsi 43 % des répondants disent manger moins de viande pour leur santé (c’est même 51 % des plus de 65 ans) et 35 % car ils sont préoccupés du bien-être des animaux d’élevage. Sur la troisième marche du podium, deux motifs concernant chacun 33 % des Français : faire des économies (plutôt les parents) et la préservation de l’environnement (plutôt les CSP + et les hommes).

Les Français sont 6 sur 10 à souhaiter dorénavant maintenir leur consommation de viande, mais ils sont encore 30 % à vouloir la diminuer, notamment les femmes (35 % d’entre elles). Parmi les répondants qui ont déjà réduit leur consommation de viande, 52 % estiment qu’ils vont continuer de la diminuer. Pour ces derniers, cette démarche est clairement sociétale : 42 % le font pour le bien-être animal, 39 % par souci de l’environnement, et seulement 26 % pour faire des économies.

Viande de qualité ou légumes secs ?

Moins manger de viande, mais en manger mieux, c’est le leitmotiv du flexitarisme. Que cache ce mieux ? Pour 58 % des répondants le premier critère d’achat est la provenance locale ou du moins française, devant le goût (53 %). Mais la question du prix reste cruciale pour 47 % des répondants. 69 % des sondés ont déjà renoncé à acheter une pièce de viande car elle était trop chère, c’est même 75 % des 35-49 ans. La consommation d’une viande de meilleure qualité (bio, local, intégrant le bien-être animal ou une juste rémunération de l’éleveur) est conditionnée au fait qu’elle soit plus facile à trouver notamment en vente directe (pour 38 % des répondants) mais aussi qu’elle soit moins chère (31 % des répondants), un vrai paradoxe.

Comment maintenir un apport suffisant en protéines malgré une baisse effective ou prévue de la consommation de viande ? En mangeant des légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots blancs ou rouges…) et des céréales (pâtes, boulgour, riz complet…) pour respectivement 77 % et 75 % des sondés.

La viande in vitro ne séduit pas, les insectes encore moins.

La viande in vitro ne séduit pas du tout (seuls 25 % des sondés y songent), les insectes encore moins (23 %). Sur ce point, on observe un net fossé des générations. Alors que les légumes secs et les céréales sont plébiscités à tout âge, les préparations peu transformées comme le houmous, le tofu ou les falafels sont davantage des sources de protéines chez les moins de 35 ans (63 %) que chez les plus de 50 ans (43 %). Les jeunes sont aussi bien plus aventureux : 48 % sont prêts à consommer de la viande de culture et 42 % des insectes. Seuls 10 % des seniors rechercheraient ces nouveautés.

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