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Pour Biocoop, « le marché bio n’est pas en crise et n’est pas un marché de niche »

 Biocoop enregistre une nouvelle année de croissance supérieure à celle du marché bio. L’enseigne capitalise sur son engagement envers le commerce équitable, un approvisionnement origine France et sa lutte contre l’ultra-transformation.

Conférence de Biocoop au sein des bureaux de Paris
Franck Poncet directeur général et Henri Godron président de Biocoop, annonce une croissance à deux chiffres sur les deux dernières années pour l'enseigne.
© Catherine Takougang

« Les résultats de 2025 sont la preuve qu’après 40 ans d’existence, nos engagements se maintiennent », déclare Franck Poncet, directeur général de Biocoop, lors d’une conférence organisée pour célébrer les quatre décennies de la coopérative., Ce dernier se veut catégorique : « le marché bio n’est pas en crise et n’est pas un marché de niche », comme en témoigne le chiffre d’affaires du secteur qui a doublé en dix ans pour atteindre aujourd’hui 12 milliards d’euros.

Un marché du bio en croissance en 2025

En 2025, le marché bio affiche une croissance de 4,1 %, selon l’Agence Bio. Le secteur reste tiré en grande partie par les magasins spécialisés, qui sont en progression de 6,5 %. Il pèse désormais 5,2 millions de foyers acheteurs, soit 200 000 de plus en un an, pour un taux de pénétration de 13 %. La grande distribution reste, elle, plus en retrait. 

Biocoop surpasse la croissance du secteur bio

« Nous avons bénéficié d’un recrutement de nouveaux clients, mais aussi du retour de consommateurs déçus par la grande distribution. »

Biocoop observe une croissance de 7,5 % en 2025, c’est un record pour la coopérative, qui déjà l’an dernier était en croissance, et la poursuit sur ce premier trimestre 2026, avec une croissance de 7,5 % également. Ces performances reposent sur une progression de 6,7 % de la fréquentation des magasins Biocoop observé en 2025, dans toutes les régions et pour toutes les typologies de magasins.  Les magasins Biocoop ont servi près de 5 millions de foyers l’an dernier.  « Nous avons bénéficié d’un recrutement de nouveaux clients, mais aussi du retour de consommateurs déçus par la grande distribution. Globalement, celle-ci a réduit ses assortiments en produits bios tout en appliquant parfois des écarts de prix et de marges fortes entre le bio et le conventionnel. Une partie de ces clients déçus se tournent aujourd’hui vers nous » explique Franck Poncet. 

Tous les rayons alimentaires sont orientés à la hausse, tandis que le non-alimentaire reste stable. Les fruits et légumes constituent le premier moteur de croissance (+8,5 %), suivis du frais (+8,4 %) et du vrac (+7 %). « Nous sommes les leaders du vrac en France, avec un rayon compétitif en prix », affirme la coopérative.

Lire aussi : Commerce équitable : un marché à 2,65 milliards d’euros en France

Une filière bio sous tension

Malgré ces performances, Biocoop alerte sur les fragilités de la filière. En 2025, la France a perdu 386 fermes bio (-0,6 %), et la surface agricole utile (SAU) en bio plafonne à 10,1 %, loin de l’objectif de 21 % fixé par les pouvoirs publics. Dans ce contexte, la coopérative appelle à un renforcement des engagements publics pour soutenir la transition agricole et imposer aux GMS conventionnelles de développer leurs propositions bio en magasin.

Commerce équitable et origine France deux pilier de la coopérative 

Biocoop revendique un engagement fort en faveur d’une alimentation plus juste. Ainsi, 57 % des produits commercialisés relèvent du commerce équitable, avec des prix garantis visant une rémunération équivalente à deux fois le SMIC pour les producteurs. Cela représente environ 150 références et 20 000 tonnes de fruits et légumes sur la première saison.

Lire aussi : Comment le vrac et le réemploi des emballages s’ancrent dans l’alimentation des Français

La coopérative indique que 93,6 % des produits à marque propre sont d’origine France. L’enseigne poursuit une stratégie active de relocalisation dans l’Hexagone de produits phare tels que la moutarde, les fruits rouges ou encore le miel.

L’ultra transformé, un combat de Biocoop

« Nous luttons concrètement contre l’ultra-transformé », insiste Henri Godron, président de la Biocoop. 

 « On a un enjeu de naturalité de nos produits, nous mettons tout en œuvre pour qu’ils se rapprochent au mieux du fait maison »

La coopérative a choisi d’arrêter la production de 13 de ses références et de retravailler 90  de ses recettes dont celles de son cordon bleu et de ses yaourts. Pour ce faire la coopérative a réduit la liste des ingrédients de ses références en bannissant jusqu’à 29 substances jugées comme nocives selon le référentiel du cahier des charges GOUM. Sont notamment exclus les protéines et fibres isolées, le gluten ajouté ou encore les arômes naturels. « Pour produire le yaourt de fraise, nous sélectionnons des fruits à maturité, sans recours aux arômes. Lorsqu’il n’y a plus de fraises, on arrête sa production » explique le responsable qualité des produits à marque propre de Biocoop.  Ainsi 94 % de ses produits à marque propre sont conformes au cahier de charge GOUM contre 56 % en moyenne pour les marques distributeurs en concurrence bio selon l’étude Scan Up.   « On a un enjeu de naturalité de nos produits, nous mettons tout en œuvre pour qu’ils se rapprochent au mieux du fait maison » conclut le président de la coopérative.

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