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Poulet : Bruxelles pourrait faire bouger les lignes

Après un début d’année plutôt tonique, la filière aborde le second semestre en scrutant les décisions politiques qui seront prises dans les dossiers brésiliens, ukrainiens et britanniques.

La consommation tend à progresser, soutenue par une demande dynamique de produits élaborés.
© DR

Le bilan du premier semestre est plutôt encourageant pour la filière française du poulet de chair. D’un côté, la consommation tend à progresser, soutenue par une demande dynamique en découpe et surtout en produits élaborés, qui compense le moindre intérêt pour l’entier prêt à cuire, estime-t-on au Comité interprofessionnel du poulet de chair (CIPC). De l’autre, la production se tient relativement bien. Si comme chaque année, le premier trimestre a été synonyme de prudence de la production, avec des abattages en retrait, « on note depuis une volonté d’accroître la production », indique Yann Brice, délégué général du CIPC. Une tendance que la filière espère suffisante pour limiter la croissance des importations et conforter le tonus des exportations, en hausse ces derniers mois malgré les incertitudes qui planaient au sujet de l’avenir du groupe Doux.

Doux, l’export et la RHF

Si son rachat à la mi-mai est venu faire taire certaines inquiétudes, le dossier occupe encore les esprits. Pour Yann Brice, la restructuration qui vient de débuter change la cartographie du secteur, et la stratégie et les orientations prises par les repreneurs seront scrutées de près, en particulier leur volonté de transférer une partie des volumes autrefois exportés vers la restauration hors foyer (RHF). « Il faudra agir sur les bons leviers pour y arriver », estime-t-on au CIPC, notamment en reprenant des parts de marché aux produits importés sous peine de mettre le marché français sous tension.

Le Brésil, l’Ukraine et le Brexit dans le viseur

La politique européenne pourrait aussi se révéler déterminante quant à l’évolution du commerce ces six prochains mois.

« Après une longue bataille d’alerte, l’Union européenne s’est emparée du dossier ukrainien », relaie Yann Brice. L’Ukraine profite actuellement d’un vide réglementaire pour expédier, surtout vers les Pays-Bas, des découpes ne correspondant à aucune nomenclature douanière et par conséquent non soumises à quota ni à des taxes particulières. De quoi permettre à la filière néerlandaise de ne plus avoir qu’une étape de transformation à réaliser pour disposer de filets compétitifs, qu’ils peuvent estampiller origine UE, pointe Yann Brice.

Aujourd’hui, la Commission travaille sur une révision des nomenclatures comme des quotas. De quoi faire espérer aux Européens, une moindre concurrence sur le marché du filet à moyen terme.

Le cas du Brésil mobilise également Bruxelles. À la suite des récents scandales sur la qualité sanitaire des viandes brésiliennes, « une vraie réflexion est aujourd’hui engagée au niveau de l’Union européenne », estime Yann Brice. Cela pourrait déboucher sur des contrôles accrus. Toutefois, « si le Brésil montre patte blanche, les produits brésiliens reviendront en Europe », ne permettant pas d’exclure un regain de concurrence sur la scène communautaire.

Dernier dossier : le Brexit. L’échéance du printemps 2019 approchant à grands pas, le CIPC n’exclut par une accélération des discussions qui pourraient rapidement rebattre les cartes, et ce, dès la fin d’année.

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