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Porc : pourquoi l’Espagne pourrait consolider sa place de leader à l’export en 2025

L’Espagne est le premier exportateur mondial de produits du porc en valeur, devant les États-Unis qui sont pourtant premier en volume. La guerre commerciale pourrait permettre à notre voisin de gagner des points sur de nouveaux marchés. 

un drapeau espagnol détouré selon la silhouette d'un cochon
L'Espagne apparaît, pour certains acheteurs asiatiques, comme un fournisseur de viande de porc plus stable et rassurant que les USA
© Généré par l'IA

Si les États-Unis sont restés n°1 sur les exportations de produits du porc en volume en 2024, avec 3,03 millions de tonnes, l’Espagne se détache. Car avec 2,72 millions de tonnes, ses envois lui ont rapporté 8,784 milliards d’euros contre 8,63 milliards pour le géant américain, selon la presse ibérique. Car l’Espagne ne se contente pas d’exporter ses coproduits, mais dispose aussi d’un éventail de produits à plus forte valeur ajoutée.

Des opportunités export pour le porc espagnol 

La guerre commerciale lancée par Donald Trump s’est notamment traduite par une nette volonté de la Chine de diversifier ses approvisionnements. Plusieurs hauts responsables chinois se sont rendus en Espagne, mais aussi en France dans des grands sites de l’industrie des viandes. L’Espagne profite de la situation, avec des exportations vers l’Empire du Milieu en hausse de 3,1 % en volume et 11 % en valeur, selon les données de janvier février de l’Icex. Sur les périodes plus récentes, il semble que la hausse ne soit pas aussi forte.

Il n’y a pas que sur le front chinois que l’Espagne gagne du terrain face aux États-Unis, au Japon aussi par exemple. Les acheteurs asiatiques apprécient la fiabilité des opérateurs de la viande européenne et le cadre commercial encadré, plutôt que les aléas qui se multiplient avec les États-Unis. 

L'Espagne a profité de l’absence de l’Allemagne

À noter que l’Espagne a bénéficié aussi, comme le Danemark et les Pays-Bas, du retrait de l’Allemagne sur le marché mondial, conséquence des cas de fièvre aphteuse enregistrés en janvier dans le pays, avec des envois dynamiques vers le Royaume-Uni et la Corée du Sud. Mais l’Allemagne, depuis reconnue indemne, bataille pour retrouver ses marchés et ces derniers jours les exportations espagnoles ont déçu dans ce contexte très concurrentiel.

Le porc espagnol a décollé en dix ans

Les exportations de produits du porc de l’Espagne atteignaient 3 milliards d’euros en 2014, elles ont triplé en 2023. Notre voisin ibérique a su tirer parti de l’envolée des besoins chinois dans le sillage de la peste porcine africaine à tel point que le pays représentait 40 % des débouchés espagnols en 2021. Mais quand la Chine a limité ses achats avec la reprise de sa production intérieure, l’Espagne a su pivoter vers le Japon, la Corée du Sud, mais aussi ses voisins européens. Aujourd’hui, la Chine représente 12 % des ventes espagnoles. 60 % du porc produit dans le pays est exporté, rappelle Interporc, l’interprofession espagnole. 

Un prix du porc en petite hausse en Espagne

Après 5 semaines de stabilité, la cotation du porc en Espagne a frémi la semaine dernière (+0,5 centime), impulsion haussière confirmée ce vendredi (+0,8 centime). La fermeté vient notamment de la saison touristique qui dope la demande intérieure, tandis que opérateurs se disent un peu déçus de leurs exportations vers l’Asie ces dernières semaines. 

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