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Porc : la balance commerciale se fragilise

En 2025, le déficit commercial de la filière porcine française continue de se creuser. Entre le ralentissement des exportations vers la Chine, la progression des importations et le recul du tissu productif, l’autosuffisance de la France est fragilisée.

Roti de porc en stock
La France exporte plus de pièces de porc avec os et importe plus de pièces désossées.
© Virginie Pinson

« La balance commerciale de la filière porc poursuit son effritement » indique Charles de Kervénoael, directeur général d'Herta, lors d’une conférence de l’interprofession Inaporc. L’Ifip estime que le solde commercial en porc devrait reculer de 5,5 % pour atteindre 124 600 tonnes en 2025, contre 131 800 tonnes en 2024. Dans le même temps, le déficit en valeur se creuse nettement. Il devrait atteindre -688 millions d’euros pour 2025, contre -566 millions un an plus tôt, sous l’effet notamment de la hausse des importations de produits de charcuterie, en particulier les salaisons sèches.

Lire aussi : « Il nous manque environ 20 à 25 euros par porc en moyenne. La rentabilité n’est plus du tout là » 

Des exportations françaises de porc pénalisées vers la Chine

Sur les dix premiers mois de 2025, les exportations françaises de porc, tous produits confondus, reculent de 1,4 % en volume. Les expéditions vers la Chine, première destination du porc français, chutent de 6,3 %, en raison notamment des taxes antidumping imposées par Pékin, informe l’interprofession. 

Une autosuffisance en porc qui s’effrite 

« On n’a pas assez de jambon en France pour répondre à la demande nationale ...»

La production porcine française couvre environ 98 % de la consommation nationale en 2025. Un niveau en baisse de 1,1 % par rapport à 2024 et bien inférieur aux 103 % observés en 2022. La structure même du marché explique en partie ce déséquilibre. « On n’a pas assez de jambon en France pour répondre à la demande nationale, d’où l’augmentation des importations de pièces à plus forte valeur ajoutée », souligne Charles de Kervénoael.

Le cheptel porcin français recule 

La fragilité de l’autosuffisance française s’inscrit dans un contexte de recul du nombre d’élevages porcins et des effectifs. En dix ans, le nombre de porc abattus en France a diminué de 7,3 %. La production est passée de 23,65 millions de porcs produits en 2014 à 22 millions en 2024.  La France a perdu également 25 % de ses élevages de plus de 300 porcs, sur cette même période, passant d’environ 10 800 exploitations à moins de 8 100. La diminution est encore plus marquée pour les exploitations avec truies, en chute de 34 % sur la même période de dix ans. Un recul qui limite les perspectives d’augmentation de la production nationale, alors même que la consommation continue de progresser.

Lire aussi : L’Allemagne a maintenu sa production de viande en 2025 grâce au porc 

Les importations de produits porcins à forte valeur creusent le solde commercial

 « En grande distribution, une charcuterie sur cinq est désormais d’origine étrangère. »

Les importations françaises de produits du porc sont en légère baisse de 0,3 % sur les dix premiers mois de 2025 comparé à 2024. Les achats de viande porcine de type carcasses, pièces avec os et désossées progressent de 1,3 %, tandis que les produits transformés augmentent de 0,5 %. Les produits transformés importés progressent particulièrement depuis l’Espagne et l’Allemagne (+3,8 %) sur la période. « En grande distribution, une charcuterie sur cinq est désormais d’origine étrangère. » conclut Fabien Castanier, délégué général de la FICT lors d’un échange avec Les Marchés.

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