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Phytosanitaire : « Il y a dix ans, on aurait traité bien davantage »

Emmanuel Martin, président de Ceta de France (réseau de partage de compétences agricoles), agriculteur et vice-président de Défisol (agriculture de précision) dans l’Eure.
© DR

Les Marchés Hebdo : Selon vous, qu’est-ce qui explique l’augmentation des volumes de produits phytosanitaires commercialisés en 2018 ?

Emmanuel Martin : En Normandie, on a dû protéger davantage les grandes cultures du fait d’un printemps très humide. Je suppose qu’il en a été de même en arboriculture. Dans une moindre mesure, il y a eu un peu de stockage anticipant une hausse importante de taxes. Le basculement d’un produit à un autre fait aussi exploser le volume utilisé pour un même traitement. Le choix se restreint fortement et le soufre est de plus en plus utilisé en alternative de fongicides plus modernes. On passe alors de 200 à 500 grammes par hectare à 5 kilogrammes par hectare. Le soufre est utilisé en agriculture biologique. De ce fait, la conversion au bio pourrait faire augmenter les volumes.

LMH : Vous critiquez le suivi des ventes ?

E. M. : L’analyse des chiffres d’une année sur l’autre est pipée. Après une année où l’on traite peu, la consommation peut apparaître en forte hausse. Il faudrait surtout analyser l’évolution des volumes relativement à la pression des maladies. À année équivalente, il y a dix ans, on aurait traité bien davantage.

Propos recueillis par Sylvie Carriat

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