Aller au contenu principal

« Nous croyons aux initiatives des territoires et aux incitations »

Gilles Pérole, président d'Un plus bio et adjoint au maire de Mouans-Sartoux
© Julien Claudel

Les Marchés Hebdo : Stéphane Travert a indiqué le 3 décembre que l’objectif de 50 % de produits bios et locaux dans la restauration collective en 2022 serait inscrit dans la loi. Qu’en pensez-vous ?

Gilles Pérole : La loi a le mérite de fixer un objectif. Mais tant que nous n’avons pas un projet de texte, il est difficile de se prononcer. Nous croyons surtout aux initiatives des territoires et aux incitations pour que les choses changent. L’Observatoire de la restauration collective bio et durable, que nous avons créé en partenariat avec Ecocert, a montré qu’il était possible de proposer davantage de produits issus de l’agriculture biologique, à coûts constants. Cela demande toutefois un changement de pratiques : moins de gaspillage alimentaire, des cuissons plus adaptées, le respect de la saisonnalité notamment. Pour inciter les collectivités à proposer plus de bio local, l’État pourrait par exemple proposer des aides à l’investissement sur les légumeries. Pourquoi ne pas imaginer aussi une TVA différente sur les produits bios pour la restauration collective ?

LMH : Qu’attendez-vous de cette loi ?

G.P. : Il faudrait déjà éclaircir cet objectif de « 50 % de bio et local ». Est-ce qu’on parle de bio, de bio local ou de local non bio ? Nous sommes aussi favorables à la notion de progressivité, avec un calendrier d’augmentation progressive de la part du bio dans la restauration collective, sur une dizaine d’années par exemple. Très peu de collectivités passent du jour au lendemain à un fort taux de produits bios dans leurs approvisionnements. Cela demande une évolution des pratiques et une structuration des filières. Il serait par ailleurs nécessaire de simplifier les procédures d’appels d’offres pour encourager l’approvisionnement en produits bios et locaux. L’allotissement par exemple est présenté comme l’une des solutions pour pouvoir s’approvisionner en produits de proximité, mais il serait nécessaire pour certaines villes de faire bouger les seuils d’allotissement.

LMH : Les filières d’approvisionnement seront-elles prêtes, selon vous, à répondre à l’augmentation de la demande en produits bios des cantines ?

G.P. : D’ici à 2022 oui, cela me semble un objectif réaliste. Nous voulons d’ailleurs proposer aux ministres de pouvoir intégrer dans ces 50 % de produits bios, ceux issus d’exploitations en conversion. C’est une manière d’aider les agriculteurs à s’engager dans l’agriculture biologique.

Propos recueillis par Alice Flores

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio