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UE-Mercosur : la filière bovine tire de nouveau la sonnette d’alarme

Alors que les débats sur l’accord entre l’UE et le Mercosur sont relancés à Bruxelles, la filière bovine appelle la France à faire connaître sa position et à ne pas ratifier cet accord en l’état, comme l’avait promis Emmanuel Macron.

Pourquoi la filière porcine était en retrait lors des débats autour du Mercosur ?
© Mouvement européen France

Interbev, la fondation pour la nature et l’homme et l’institut Veblen tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme quant à la potentielle ratification de l’accord commercial UE-Mercosur d’ici à la fin de l’année, dans une tribune publiée sur le site du Monde le 17 mars. Tous ces acteurs appellent Emmanuel Macron à respecter ses propos tenus lors du Salon international de l’agriculture où il avait réaffirmé son opposition à une ratification de l’accord en l’état, tant que celui-ci n’implique pas le plein respect de l’accord de Paris et des normes environnementales et sanitaires imposées aux producteurs européens. Si l’UE donne son feu vert, le modèle d’élevage bovin familial français pourrait être fragilisé, estiment les acteurs de la filière dans cette tribune.

Ils y précisent que Luiz Inacio Lula da Silva, nouveau président du Brésil, a invité Emmanuel Macron à participer au sommet des pays d’Amazonie que le Brésil souhaite organiser dans les prochaines semaines. Si le Président de la République français accepte, la question de l’accord UE-Mercosur a de très grandes chances d’y être abordée.

La filière bovine et les ONG sont inquiètes par le comportement de la France lors du conseil Environnement à Bruxelles le jeudi 16 mars, où elle « a soutenu immédiatement la proposition formulée par la Présidence Suédoise du Conseil » qui pousse fortement pour une ratification de l’accord UE-Mercosur, alerte la FNB. « Cette volte-face de la France » est « injustifiable » et « inquiétante », estime le syndicat. Les acteurs français appellent la France à tenir ses dires auprès des professionnels, prenant l’Autriche en exemple. « Si en vue d’une réunion des ministres de l’agriculture programmée ce lundi 20 mars 2023 sur le sujet, certaines délégations comme l’Autriche ont fait connaître officiellement leur opposition à l’accord en l’état et à la modification de son processus démocratique de ratification, ce n’est pas (encore ?) le cas de la France ».

Par ailleurs, Interbev, la FNH et l'Institut Veblen indiquent que 27 % des pesticides utilisés par les éleveurs brésiliens sont strictement interdits par la réglementation de l’UE, selon un rapport de l’Idele daté d'octobre 2022. Par ailleurs, l’utilisation d’antibiotiques comme stimulateurs de croissance est largement répandue dans les élevages bovins allaitants du pays sudaméricain.

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