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Naissance du laboratoire public Inovalys


> Le laboratoire effectue 2 millions d'analyses par an pour 15 000 clients.
Les laboratoires de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire et de la Sarthe se sont regroupés pour maintenir un service public de qualité et résister à l'offensive du secteur privé.

Le laboratoire public Inovalys est né en avril 2014. Il résulte de la réunion en GIP (groupement d'intérêt public) de l'Institut d'analyse et de conseil (Idac) de Loire-Atlantique, d'Anjou Laboratoire et du Laboratoire départemental de la Sarthe. « Le point de départ est une étude cofinancée par les cinq départements des Pays de la Loire, confrontés aux difficultés d'équilibre budgétaire de leur laboratoire », explique Jean-Marie Geveaux, président du conseil général de la Sarthe et d'Inovalys. Après seulement un an de discussions, trois départements ont donc opté pour une mutualisation qui donne naissance à l'un des plus grands laboratoires publics de France. Inovalys dispose de 13 700 m2 de bâtiments sur quatre sites et compte 300 collaborateurs. Le laboratoire réalise à l'année 2 millions d'analyses pour 15000 clients. Son activité se répartit entre un tiers de missions de service public (contrôle de l'eau potable, des eaux de baignade…), un tiers de missions d'intérêt général (auprès des éleveurs, des métiers de bouche) et un tiers de concurrentiel pur.

Le budget global d'Inovalys est de 24 millions d'euros, dont 4 millions de contributions des départements. Une manne que les conseils généraux entendent stabiliser, voire réduire si l'activité se développe. Alors que des laboratoires publics départementaux disparaissent, le regroupement vise à avoir une assise élargie pour faire face à la perte de marchés ou à des aléas conjoncturels. Mais il est aussi offensif. « Nous voulons aller chercher des marchés complémentaires », insiste Jean-Marie Geveaux.

Logique de proximité

Inovalys s'est construit sur « une logique de proximité et non de spécialisation à outrance », explique son directeur Bruno Caroff, qui dirigeait auparavant l'Idac. « Nous avons la volonté de traiter les territoires de la même manière », poursuit-il. Sur le pôle santé animale (1/4 de l'activité), trois plateaux techniques ont été maintenus afin de conserver la proximité avec les éleveurs. Inovalys dispose par ailleurs d'un laboratoire ultra sécurisé au Mans pour les spécialités pathologiques (diarrhée et peste porcine, fièvre aphteuse…). Deux plateaux techniques au Mans et à Nantes assurent les analyses pour l'agroalimentaire (1/3 de l'activité). S'y ajoute le site de Vertou dédié à l'œnologie, spécialité sur laquelle Inovalys nourrit des ambitions. Le pôle environnement (eau, air, sol) est, lui, réparti sur les sites de Nantes et d'Angers.

PUCES ET TESTS ADN

Les trois laboratoires départementaux investissent chaque année 1,2 million d'euros en matériel et nouvelles technologies. Six ingénieurs sont chargés d'innover et de développer la R&D en chimie et biologie, recherchant par exemple de nouvelles molécules. Ils travaillent également sur la migration des emballages vers les produits, en lien avec la PRI (plateforme régionale d'innovation) Ligépack, basée au Mans. D'autres travaux ont porté sur la différenciation des types de poissons par les ADN. Cette dyna-mique permet au laboratoire d'être réactif en cas de crise. « Depuis la fraude à la viande de cheval, nous faisons des puces et des tests ADN pour de gros in-dustriels. Nous sommes un des seuls à le faire », illustre Bruno Caroff, directeur d'Inovalys.

L'addition des forces des trois laboratoires offre à Inovalys un éventail de trente programmes accrédités Cofrac. Certaines accréditations sont rares comme celles sur les farines animales et la recherche de contaminations ” croisées. Pour Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, le maintien d'un laboratoire public de qualité, même plus cher que les privés, est « garant de la sécurité alimentaire pour les citoyens, les entreprises et les agriculteurs ». Et de fustiger « la logique de dumping » de mastodontes du secteur comme Eurofins. « À force de baisser les prix, on n'a plus la qualité », met-il en garde.

À force de baisser les prix, on n'a plus la qualité

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