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Viande
L’Italie, débouché phare pour la filière bovine française

L’Italie, premier pays touché par la pandémie en Europe, représente plus de la moitié des recettes à l’exportation de la filière bovine française.

L'origine France a reculé face aux viandes allemandes, irlandaises et polonaises en 2020. © François d'Alteroche
L'origine France a reculé face aux viandes allemandes, irlandaises et polonaises en 2020.
© François d'Alteroche

La filière bovine franco-italienne « a prouvé qu’elle avait les reins solides et qu’elle savait s’adapter et progresser », estime l’Institut de l’élevage (Idele) dans un récent dossier « économie ». Un soulagement pour les opérateurs français puisque notre voisin a un rôle crucial dans l’économie de la filière bovine hexagonale. Chaque année, 800 000 à 900 000 broutards français traversent ainsi les Alpes, c’est 77 % de nos exportations. De la même manière, ce sont 70 000 tonnes équivalent carcasse (tec) de viande bovine qui ont passé la frontière en 2019, soit 32 % de nos exportations en volume.

L’origine France, cœur de gamme en Italie

L’Italie est structurellement déficitaire pour la filière bovine. Elle importe ainsi plus de 1 million de bovins vivants chaque année. Ces animaux sont notamment engraissés dans la plaine du Pô. Plus de 8 bovins maigres sur 10 importés par notre voisin sont français, l’Hexagone étant la référence tant sur le plan technique que commercial. La part des femelles a progressé ces dernières années mais tend désormais à se stabiliser. En parallèle, l’Italie importe aussi de gros volumes de viande, 420 000 tec en 2019. Au total, l’importation fournit plus de la moitié de la viande disponible sur le marché italien : 35 % de viande, 17 % sous forme de broutards et 2 % de bovins vifs finis.

En rayon, le très haut de gamme est limité aux IGP italiennes. La consommation de viande de génisses s’est développée, mais elle semble avoir atteint un palier, avertit l’Idele. Cette catégorie partage le segment haut de gamme avec la viande “4 It” (née, élevée, abattue et transformée en Italie). Ensuite, le milieu de gamme de la GMS italienne est le plus souvent issu de la viande de broutards français, adaptée à la demande italienne. Les importations de viande française complètent le rayon. L’Irlande est notre seul concurrent sur ce segment, la Pologne étant principalement distribuée en RHD ainsi que dans les petites GMS et les bouchers du Sud. La viande brésilienne alimente l’industrie de la bresaola (une STG).

La pandémie a bousculé le marché italien

Confinements, fermetures des restaurants, absence des touristes étrangers, la pandémie a bouleversé le marché italien de la viande bovine en 2020. La consommation à domicile n’a pas intégralement compensé la baisse de la RHD, et sur les sept premiers mois de l’année, la consommation de viande bovine aurait baissé de 3,1 % par rapport à un an plus tôt.

Les viandes importées qui ne trouvaient plus d’acheteurs en RHD se sont retrouvées dans les rayons et ont fait baisser les prix. Les viandes irlandaises, allemandes et polonaises, dépréciées, ont su trouver leur place aux dépens de la viande française ou de celle d’animaux nés en France et engraissés en Italie. Le discount a aussi gagné en fréquentation, pendant et après le confinement, or ce segment propose moins de viande française. D’où un marché du jeune bovin durablement déprimé. Les importations de broutards sont néanmoins restées dynamiques en 2020, mais à des prix en forte baisse.

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