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L’industrie veut garder le cap de la relance

Bernard Skalli, président du CFSI et vice-président du Sifpaf.
© DR

Après la désastreuse récolte 2016, le plan de relance blé dur doit être redynamisé, estime Bernard Skalli, président du CFSI (Comité français de la semoulerie industrielle) et vice-président du Sifpaf (Syndicat des industriels fabricants des pâtes alimentaires de France). Interview.

Les Marchés Hebdo : Comment les industriels ont-ils fait face à la mauvaise récolte française 2016 (report des achats vers les régions traditionnelles méridionales, importations, coûts supplémentaires…) ?

Bernard Skalli : Effectivement, le secteur industriel de la semoulerie de blé dur n’a pas été épargné par les difficultés liées à la moisson catastrophique de l’été 2016, le blé dur ayant été particulièrement impacté sur les rendements et la qualité semoulière en régions Centre et Ouest océan. L’industrie semoulière a été contrainte de faire prioritairement appel aux blés durs du sud de la France et au-delà, par manque de disponibilité, aux blés durs d’importation notamment du bassin méditerranéen, générant des surcoûts logistiques exceptionnels.

LMH : Cette crise de production française 2016 est-elle de nature à nuire durablement au plan de relance du blé dur ?

B. S. : La mobilisation générale de la filière blé dur a été réaffirmée dans un communiqué de presse du 16 septembre 2016, invitant chacune des parties prenantes à travers la plateforme blé dur, qui rassemble R & D et acteurs économiques, à garder le « cap de son plan de relance. » Rappelons que ce plan, élaboré et adopté officiellement par le conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer en mai 2015, vise deux objectifs complémentaires : dans un premier temps, rétablir la production à la suite de la baisse importante des emblavements constatés en France depuis plusieurs années avec un recul à l’époque de 30 % ; dans un second temps, consolider une production en progression durable et de qualité, permettant de répondre à une demande mondiale soutenue, en croissance.

Ce plan national est destiné à intégrer le plan d’actions général de la filière céréales (plan stratégique à l’horizon 2025), dans un contexte où la France propose pour son secteur céréalier globalement de produire plus et de produire mieux. Mais il ne pourra avoir d’effet sur la filière blé dur sans une communication d’envergure destinée à convaincre l’agriculteur de l’intérêt stratégique du blé dur en tant que diversification rentable.

LMH : De quelle manière cette communication prend-elle forme ?

B. S. : L’interprofession s’est engagée dans un programme de communication intitulé « Nous, c’est décidé, on sème du blé dur. Pourquoi ? », lequel reprend les cinq bonnes raisons de semer cette céréale d’avenir. Dans le contexte actuel, la réussite de ce plan structurant passera par la mise en œuvre d’une contractualisation notamment entre organismes stockeurs et producteurs. Pour l’heure, les priorités énoncées sont de stabiliser la déprise dans la zone sud-est et de résoudre le financement des semences certifiées.

La reconnaissance du blé dur comme une production spécifique, prise en compte dans la diversification des assolements demeure une demande forte auprès des autorités européennes (DG Agri). Enfin, les travaux de recherche académique et appliquée menés au sein de la plateforme blé dur créée en 2013 apporteront dès 2017 des pistes fortes pour inciter à la culture du blé dur en France. Le plan national blé dur a d’autant plus de légitimité qu’il s’inscrit dans la structuration d’un amont et d’un aval forts.

60 % des pâtes sont importées

On compte dans l’Hexagone cinq semouleries produisant 491 700 t de semoule (chiffres 2015), sept usines fabricant 237 150 t de pâtes alimentaires et quatre usines de couscous pour une production de 91 600 t. Ces usines sont localisées en Île-de-France, Picardie, Haute-Normandie, Pays de Loire, Alsace et Paca. La semoulerie française écrase, quelque 600 000 t de blé dur, dont 50 000 à 200 000 t d’importation, ce dernier chiffre étant celui prévu pour cette campagne eu égard à la mauvaise moisson 2016. 60 % des pâtes alimentaires consommées en France sont aujourd’hui importées, principalement d’Italie.

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