Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore
Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir. Ils retrouvent leur niveau de l’an dernier. Les prix des vaches continuent aussi de s’effriter, dans une ambiance commerciale compliquée qui entraîne des mobilisations de l’amont.
Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir. Ils retrouvent leur niveau de l’an dernier. Les prix des vaches continuent aussi de s’effriter, dans une ambiance commerciale compliquée qui entraîne des mobilisations de l’amont.
À 6,69 €/kg en semaine 30, le prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir publié par FranceAgriMer a perdu 9,7 % depuis son record historique de fin mars 2026. Il se situe de 2,9 % au-dessus de son niveau de la même période de 2025 et toujours 27,9 % au-dessus de son niveau d’il y a deux ans.
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Les jeunes bovins les plus frappés par la baisse
Le jeune bovin R3 (viande hors blondes et parth.) s’affiche à 6,42 €/kg, c’est-à-dire qu’il a perdu 15,5 % depuis son record de mi-février. La baisse des cours des jeunes bovins a commencé un mois avant celles de vaches, à la fin de l’hiver. Il retrouve son niveau de l’an dernier, même date.
À 7,14 €/kg, la cotation de la vache viande R a perdu 58 centimes depuis le mois de mars, soit 7,5 %. Elle reste 6,6 % au-dessus de son niveau de l’été dernier, même date. La vache Lait O s’affiche à 5,75 €/kg, c’est 9,4 % de baisse en 4 mois, et 5,1 % au-dessus du niveau de la même date de 2025.
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La baisse se répercute sur le marché du broutard
La tendance est tout aussi délicate sur le marché du broutard puisque les engraisseurs sont confrontés au ralentissement du jeune bovin et, en parallèle, à la hausse de leurs coûts de production. La sécheresse durable inquiète aussi, d’où une poursuite de la baisse des cours des broutards, plus ou moins prononcée selon le poids et la race considérée.
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Les abattoirs prudents dans les achats avec une nouvelle canicule
Déjà éprouvés plusieurs vagues de chaleur, les abattoirs ont constaté l’effet des fortes températures sur la demande. Les ménages ne sortent pas les barbecues quand le mercure s’emballe. L’effet est encore plus net sur les ventes de haché, alors que la période est déjà plutôt calme en pleines vacances scolaires. Certains abattoirs rapportent ne travailler que 4 jours faute de demande. Dans l’ensemble, seuls les animaux les mieux finis suscitent un peu d’intérêt sur le marché.
Un marché européen du bovin ralenti
Cet effet de la canicule sur la demande a été général en Europe. La demande en juillet en Italie est qualifiée « d’atone » par l’Idele, qui relaie la baisse de 6,2 % des achats des ménages de viande bovine au premier trimestre (source Nielsen), au profit du porc (+6 %) et de la volaille (+3,3 %). En Allemagne, la production a été plus forte en juin. En Espagne, « après le ramadan et l’Aïd, pics de demande annuels dans les pays du Maghreb, les opérateurs espagnols comptaient sur le marché européen pour prendre le relai. Mais les concurrences allemande et polonaise ont entraîné un réajustement de leurs prix », explique l’Idele. Si les températures européennes confirment leur retour à un niveau plus normal, la demande pourrait se reprendre.
Mobilisation des éleveurs à l’appel de la FNB
À l’appel de la FNB (producteurs de bovins viande, FNSEA) et des réseaux FNSEA et JA, une quinzaine d’abattoirs du groupe Bigard ont été ciblés mardi 28 juillet par les éleveurs afin de protester contre la baisse des prix, relaient nos confrères d’Agra. « 1 500 éleveurs [se sont relayés] sur les différents sites », rapporte le syndicat sur sa page Facebook. Le mouvement a été particulièrement suivi dans l’Ouest (Côtes-d'Armor, Vendée, Orne, Sarthe, Maine-et-Loire), mais aussi dans l’Est (Marne, Moselle) et en Bourgogne (Côte-d’Or, Saône-et-Loire). Des abattoirs ont également été ciblés dans l'Allier, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn et la Corrèze, ainsi que dans le département du Nord.