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Les distributeurs développent de plus en plus leurs filières

Les enseignes s’impliquent dans la construction de filières alimentaires pérennes et le mettent en avant auprès des consommateurs. Témoignage d’Auchan et de Carrefour France.

Au-delà de leur rôle de commerçant, les distributeurs s’engagent de plus en plus dans des relations de filières avec l’amont agricole et des partenaires transformateurs. « L’objectif est de partager une vision commune pour pérenniser la filière. Cela concerne souvent des produits de qualité, parfois label Rouge, AOP ou bio par exemple. Nous n’imposons pas de cahier des charges spécifique, mais nous travaillons avec nos partenaires pour proposer des produits qui répondent le mieux aux attentes des consommateurs », explique Olivier Pageau, chef de groupe des achats artisans chez Auchan. L’enseigne compte trente-quatre filières, dont les produits sont identifiés par le logo « filière responsable engagée pour vous ». « Elles reposent sur quatre piliers : l’économique, l’environnemental, le social et la satisfaction du consommateur », ajoute Olivier Pageau.

Une filière responsable sur le miel

Tous types de produits alimentaires sont représentés, de la viande aux produits laitiers en passant par les fruits et légumes, le poisson et l’épicerie. La filière poulet Lyré Fermier vient d’ailleurs de fêter ses trente ans. Plus récemment, à l’occasion du Salon international de l’agriculture, Auchan a dévoilé sa filière régionale « le bœuf des Hauts-de-France », qui marque une nouvelle étape dans sa collaboration avec la coopérative Cevinor et l’industriel Bigard. L’enseigne vient aussi de valider la création de cinq nouvelles filières responsables sur le miel, le thon frais, les nectarines, les abricots et le fromage de brebis bio. « Monter cette filière responsable sur le miel avec Naturalim et 500 apiculteurs a été un vrai challenge, car nous nous engageons sur des volumes significatifs. Seulement 12 000 tonnes de miel sont produites en France sur les 40 000 tonnes consommées », indique Olivier Pageau.

Pour mieux encadrer ces relations filières, certains distributeurs ont recours à des contrats tripartites. « C’est un moyen d’encadrer la relation en termes de volume, de prix, de qualité, de temps ou d’évolution de la filière, pour tous les acteurs de cette filière », souligne le chef de groupe. « Cela permet d’assurer un retour de valeur aux producteurs », complète Bruno Lebon, directeur des produits frais chez Carrefour France. L’enseigne a lancé en 1992 sa première Filière Qualité Carrefour. Elle en compte 95 aujourd’hui, qui mobilisent quelque 20 000 producteurs et représentent 16 % du chiffre d’affaires et 20 % des volumes des produits frais Carrefour.

Vers plus de filières bios

« Dans certaines de ces filières, nous avons mis en place des contrats tripartites intégrant des volumes et des prix. C’est le cas pour le porc élevé sans antibiotique dès la fin du sevrage mis en place en 2014 avec Fipso et la Cooperl, qui s’appuie sur le prix de revient à l’éleveur. Ou encore pour notre lait frais microfiltré en partenariat avec la fromagerie Gillot, dans les rayons depuis janvier, qui intègre une prime à la qualité pouvant atteindre 50 euros les 1 000 litres », détaille Bruno Lebon. L’enseigne Carrefour développe de plus en plus ses filières sur les produits issus de l’agriculture biologique. « Nous souhaitons accompagner 300 exploitations vers la conversion en bio. Nous venons de démarrer sur le concombre bio. Cela va nous permettre de diversifier les régions d’approvisionnement avec une offre renforcée de produits de saison, de privilégier les filières locales et d’encore mieux répondre aux attentes de nos clients », précise-t-il.

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