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« L’enjeu : développer les schémas d’engraissement en veau et en bovin sur notre territoire breton » pour le président d’Interbev-Bretagne Frédéric Chauvin

Pour le président d’Interbev-Bretagne Frédéric Chauvin, directeur de la filière bovine de Bigard, le plan de relance de la Région Bretagne est « une première étape ». C’est désormais aux acteurs de la filière de se mobiliser par la contractualisation et un engraissement plus important en France. 

Frédéric Chauvin
Le président d’Interbev-Bretagne Frédéric Chauvin est directeur de la filière bovine de Bigard
© Interbev Bretagne

Les Marchés : Le plan de relance de la filière bovine annoncé au salon SPACE en septembre est-il à la hauteur ?

Frédéric Chauvin : L’impulsion politique était nécessaire. La filière bovine en Bretagne perd entre 2 et 3 % de cheptel par an (82 000 têtes de bovins allaitants actuellement contre 132 000 il y a dix ans N.D.L.R.). Il y a urgence pour tous les maillons de la filière.

Les dix-huit prochains mois risquent d’être encore plus difficiles 

 Les dix-huit prochains mois risquent d’être encore plus difficiles avec les effets de la fièvre catarrhale ovine sur le renouvellement (fécondité des vaches, mortalité des veaux) dans une région où le taux de vaccination est trop faible (20 % actuellement). Il suffit de regarder l’impact de la FCO sur la zone Est l’an dernier et les Pays-Bas ont mis trois ans pour éradiquer la maladie. 

Lire aussi : Culture Viande : « Sans abattoir ni ateliers, il n’y a pas de valorisation de la production française »

Dans ce contexte, le plan de soutien régional est une première étape. C’est une impulsion importante. Si nous voulons renouveler les générations, il faut sécuriser les banques pour qu’elles soutiennent le financement des projets. Des projets d’investissement qui coûtent aujourd’hui plus d’une fois et demi plus cher qu’il y a quelques années à périmètre égal. 

Lire aussi : Abattoirs : « On a besoin de vaches, pas d’aides ! »

Les Marchés : Le secteur industriel a souffert ces dernières années de la baisse de la production. Est-il parvenu à la fin du tunnel ?

Frédéric Chauvin : Il y a une tendance forte à la sous-activité dans les usines qui entraîne des restructurations. L’offre étant moins importante, les prix grimpent. Se pose alors toujours la même question : comment répercuter la hausse des prix des bovins à l’ensemble des réseaux de distribution ? Pour quel impact pour le consommateur ? 

Lire aussi : 22 % des abattoirs bovins ont disparu en 15 ans

Tous les acteurs de la filière de l’amont à l’aval doivent se mobiliser pour assurer la relance. D’abord en tissant des relations de confiance entre les maillons par la contractualisation, un taux qui est actuellement de l’ordre de 20 % en France. Certains éleveurs estiment que c’est une forme d’intégration. Mais le monde a changé, il faut de la sécurité et de la visibilité.

Le monde a changé, il faut de la sécurité et de la visibilité.

 La filière a conscience qu’il faut produire plus. La France a un potentiel unique de naissage destiné tant à l’engraissement sur notre territoire qu’à l’export en vif : notre enjeu est de développer les schémas d’engraissement tant en veau qu’en bovin sur notre territoire breton afin de consolider ce potentiel. On est actuellement à 20 % d’importation en viande bovine. Si nous ne parvenons pas à relancer la production, le seul levier pour satisfaire la consommation sera l’importation. Un non-sens pour la France qui détient le plus gros cheptel d’Europe en bovin allaitant. 

Lire aussi  : « La première chose à faire, c’est de faire naître les veaux ! » pour Emmanuel Bernard, Interbev bovins

 

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