Aller au contenu principal

« Le plus important, c’est la pérennité de l’entreprise »

Henri Demaegdt, président-directeur général d’EVA à Saint-Pierre-sur-Dives (14).
© Virginie Pinson

Les Marchés Hebdo : Vous venez de céder votre entreprise, l’abattoir EVA, à Liffey Meats. Depuis combien de temps pensez-vous à cette transmission ?

Henri Demaegdt : Je suis né en août 1936, c’est donc évident que la question de la transmission se pose depuis un certain temps. Avec l’âge, il faut y songer pendant que tout va encore bien. J’y pense depuis une quinzaine d’années, j’ai réfléchi à plusieurs solutions. Mais en 2009, nous avons effectué des travaux importants, il fallait donc que je reste encore pour amortir ces investissements. J’ai contacté une banque d’affaires internationale, qui m’a mis en relation avec la société irlandaise Liffey Meats. Ce n’est pas un processus évident. Les discussions durent longtemps, via des avocats. Entre les premiers contacts et la signature, le 29 mai dernier, il s’est passé plus de 18 mois.

LMH : Quel chemin avez-vous parcouru à EVA ?

H. D. : J’ai 57 ans d’expérience dans le secteur de la viande, 29 ans en tant que PDG d’EVA. Quand nous avons démarré la société le 6 août 1987, nous étions sept avec un engagement de tonnage de 5 000 tonnes près de la ville de Saint-Pierre-sur-Dives propriétaire de l’abattoir ; cela a permis à la ville de faire des travaux de mise aux normes. En 2004, nous avons racheté l’abattoir et nous avons entrepris des travaux importants pour 15 millions d’euros.

Aujourd’hui, nous produisons 18 000 t de viande bovine et 1 000 t viande de veau chaque année et nous employons 190 personnes pour un chiffre d’affaires de 84 millions d’euros, sur deux sites, l’abattoir de Saint-Pierre et une unité de découpe à Mondeville.

LMH : Comment choisit-on un repreneur ?

H. D. : Certes, la valeur de la société, ça compte, mais le plus important, c’est la pérennité de l’entreprise. Liffey Meats est une société familiale, dans le domaine de la viande, ils connaissent la réalité du métier notamment au niveau économique. Je suis content de céder à des professionnels et non à des financiers.

LMH : Quelles sont les perspectives pour EVA ?

H. D. : L’entreprise demeure indépendante. C’est juste un changement d’actionnaire. Je reste à mon poste pendant un an pour assurer la transition. Pour le personnel, il n’y aura aucun changement. Je ne suis pas inquiet pour l’emploi, il est très probable que Liffey Meats envisage un agrandissement. C’est une société irlandaise qui possède déjà, depuis 2015, une entreprise à 25 km, les Ets Chiron, qui ont besoin de produits de qualité pour la fabrication de steaks hachés frais.

Propos recueillis par Virginie Pinson

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio